1 enfant sur 10 travaille dans le monde

152 millions de mineurs travaillent. En 2000, ils étaient près de 100 millions de plus.

La Conférence Internationale du Travail se tient actuellement à Genève. 40 chefs d’État et 5000 délégués de 187 pays se rencontrent pour mettre fin à la violence et au harcèlement dans le monde du travail, mais aussi développer un futur centré sur l’humain. Aujourd’hui, si les chiffres donnés par l’Organisation Internationale du Travail (OIT) sont en net recul, ils restent pour le moins tragiques.

152 millions d’enfants âgés de 5 à 17 ans travaillent. La moitié d’entre eux a moins de 11 ans. Il s’agit de près d’1 enfant sur 10 à l’échelle mondiale. 73 millions d’enfants effectuent des travaux dangereux. 75 millions travaillent dans leur propre cellule familiale. Il s’agit souvent d’une obligation économique, car ils doivent aller chercher de l’eau, surveiller les troupeaux, ou encore effectuer des travaux manuels.

Mais si ce chiffre est déroutant, il est pourtant en net recul. En 2000, ils étaient près de 100 millions de plus. 246 millions de mineurs travaillaient. Les experts de l’OIT envisagent « l’élimination du travail des enfants d’ici 2025 ». C’est ce qu’on appelle la Cible 8.7 des objectifs de développement durable :

« Prendre des mesures immédiates et efficaces pour supprimer le travail forcé, mettre fin à l’esclavage moderne et à la traite d’êtres humains, interdire et éliminer les pires formes de travail des enfants, y compris le recrutement et l’utilisation d’enfants soldats et, d’ici à 2025, mettre fin au travail des enfants sous toutes ses formes. »

C’est en Afrique que les enfants qui travaillent sont les plus nombreux. 72 millions, 1 enfant sur 5. Au Mali, au Nigéria, en Guinée Bissau ou encore au Tchad, le nombre s’élève à 1 enfant sur 2. Dans les zones de guerre, comme en Afghanistan, en Colombie, en Iraq, au Mali ou en Ukraine, les enfants sont deux fois plus touchés. En Asie centrale et en Europe, 96% des enfants qui travaillent sont employés dans des activités dangereuses.

Le travail des enfants a des conséquences désastreuses sur le plan de l’éducation. Selon l’OIT, 1 enfant sur 3 ne peut pas se rendre à l’école à cause de son travail. Pour les deux tiers restant, « le temps et l’énergie requis par le travail interfèrent grandement avec leurs capacités à étudier ».

Emmanuel Macron s’est rendu à Genève dans le cadre de cette Conférence Internationale du Travail pour célébrer le centenaire de l’OIT. Il a exprimé son soutien à cette organisation :

« Ce cadre peut se révéler exigeant, (…) il faut accepter que la prise de décisions prenne parfois plus de temps mais cela permet d’avoir des résultats solides. Refuser de se résigner, agir en responsabilité, bâtir pas à pas la solidarité internationale par le droit et le dialogue, voilà l’esprit de votre organisation, voilà la tâche à laquelle des générations et des générations se sont ici employées. (…) Un double héritage qui nous oblige et qui se poursuit. »

Andry Rajoelina, président de Madagascar, a voulu rendre un hommage à l’oeuvre qui a été faite par les « bienfaiteurs de l’humanité » au cours de ces 100 années :

« [Madagascar]rend hommage aux hommes et femmes… qui se sont battues de toutes leurs forces, avec foi, et conviction pour oeuvrer et bâtir un monde du travail plus juste, plus décent, valorisant l’humain et favorable à l’épanouissement et au bien-être de toutes les générations qui se sont succédées depuis 1919. »

M.C.

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