317 filles du pensionnat de Jangebe enlevées au Nigeria

Il s’agit du troisième enlèvement d’enfants dans un établissement scolaire en moins de trois mois au Nigeria.

La série d’enlèvements se poursuit au Nigeria. Dans la nuit de jeudi à vendredi, 317 adolescentes du pensionnat de Jangebe, dans l’État de Zamfara au Nigeria ont été enlevées par des hommes armés appelés « bandits » par les populations locales. Il s’agit du troisième enlèvement d’enfants dans un établissement scolaire en moins de trois mois.

En décembre, plus de 300 élèves avaient été enlevés dans une école secondaire de Kankara, dans l’État de Katsina. Tous avaient été libérés. Le mois dernier, 42 élèves, enseignants et membres du personnel du Government Science College de Kagara avaient été enlevés, puis  relâchés le 27 février.

Vendredi 26 février, aux alentours de une heure du matin, les 317 filles du pensionnat de Jangebe ont été enlevées. Les populations locales accusent des groupes criminels appelés « bandits ».

Les filles de Nasiru Abdullahi, âgées de 10 et 13 ans, font partie des victimes. Il a affirmé à l’Associated Press espérer « seulement une intervention divine ».

« Il est décevant que même si les militaires ont une forte présence près de l’école, ils n’ont pas pu protéger les filles. À ce stade, nous espérons seulement une intervention divine. »

Muhammadu Buhari, le président nigérian affirmait surTwitter le jour-même que cette prise d’otages était « une situation complexe qui nécessite un maximum de patience » et rappelait que leur « objectif principal » était de « mettre tous les otages de l’école en sécurité ».

« Que les bandits, les ravisseurs et les terroristes ne se fassent pas l’illusion qu’ils sont plus puissants que le gouvernement. Ils ne devraient pas confondre notre retenue avec les objectifs humanitaires de protection de vies innocentes comme une faiblesse ou un signe de peur ou d’irrésolution. Permettez-moi de le répéter : nous ne succomberons pas au chantage des bandits et des criminels qui ciblent des écoliers innocents dans l’attente d’énormes paiements de rançon. »

Peter Hawkins, représentant de l’UNICEF au Nigéria, a publié une déclaration au sujet de cette attaque. Il s’agit selon lui « d’une violation flagrante des droits des enfants et d’une expérience horrible pour les enfants ».

« Nous condamnons fermement l’attaque et appelons les responsables à libérer les filles immédiatement et au gouvernement de prendre des mesures pour assurer leur libération en toute sécurité et la sécurité de tous les autres écoliers au Nigéria. »

Le cardinal John Onaiyekan, archevêque émérite d’Abuja, s’est exprimé auprès de Vatican News au sujet des enlèvements en cours au Nigeria. Il dit ne pas savoir « s’il s’agit d’un manque de volonté du gouvernement ou de son incapacité à agir ».

« Nous avons une armée, peut-être la plus grande d’Afrique, et on ne comprend pas comment elle qui s’est montrée si habile lors d’opérations à l’extérieur du Nigeria, ne parvient pas à rétablir la sécurité dans notre pays. C’est là le problème. On ne comprend pas pourquoi le gouvernement ne contrôle pas ces gens. Ils font ce qu’ils veulent. Emmener 350 enfants…. Où les emmènent-ils ? Et les forces de sécurité ne peuvent pas les retracer… Ce n’est pas le désert! Espérons qu’il ne s’agisse pas d’un cas similaire à celui des filles de Chibok. Alors c’était Boko Haram, un groupe plus organisé, mais ces petits groupes de bandits on ne sait pas comment ils font pour enlever autant d’enfants. Il y a deux semaines déjà, il avait enlevé des garçons, toujours d’un collège… »

De fausses rumeurs ont couru sur leur libération. Selon l’Agence Reuters, la police de Zamfara et l’armée poursuivent leur opération de recherche. Tous les internats de l’État de Zamfara ont été fermés sur l’ordre du gouverneur.

M.C.

Crédit image : ariyo olasunkanmi / Shutterstock.com

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