Afrique du Sud : Le pays s’embrase après l’incarcération de l’ancien président Jacob Zuma

L’emprisonnement de l’ancien président Jacob Zuma a déclenché des troubles en Afrique du Sud. Depuis samedi, les pillages et la violence se multiplient et au moins 32 personnes ont été tuées. 

Dans un communiqué de presse publié lundi, les Forces de défense nationale sud-africaine (SANDF) ont annoncé leur déploiement dans deux provinces du pays, y compris Johannesburg, son centre économique, après quatre jours de violences et de pillages entraînées par l’incarcération de Jacob Zuma, l’ex-président sud-africain.

« Les Forces de défense nationale sud-africaine (SANDF) a commencé les processus et procédures de pré-déploiement conformément à une demande d’assistance. »

Mercredi soir, Jacob Zuma, s’est constitué prisonnier après avoir été condamné le 29 juin par la plus haute juridiction du pays à une peine de quinze mois de prison. Il avait refusé une enquête sur la corruption de l’Etat qu’il est soupçonné d’avoir encouragée pendant ses neuf années au pouvoir selon RFI.

Ce week-end, des manifestations ont été organisées pour demander sa libération, notamment dans sa province d’origine, Kwazulu-Natal. À la suite de ces protestations, le pays s’est embrasé.

Si les premières manifestations organisées semblent avoir été déclenchées par l’emprisonnement de Jacob Zuma, elles sont probablement également liées aux difficultés induites par un durcissement des mesures anti-covid ainsi que par le chômage qui accule la population sud africaine.

L’AFP rapporte qu’au moins 32 personnes ont trouvé la mort au cours de ces émeutes.

Lundi soir, le président sud africain, Cyril Ramaphosa s’est adressé à la nation « le coeur lourd », pour appeler au calme.

Le président rapporte qu’au cours des derniers jours, des « biens ont été vandalisés et détruits », « des magasins pillés », « des citoyens respectueux des lois ont été menacés et intimidés », « des gens sont morts » a-t-il ajouté rappelant que « la perte de vies humaines est le plus grand coût de tous ».

« Certaines parties du pays sont ébranlées par plusieurs jours et nuits de violence publique, de destruction de biens et de pillages d’un genre rarement vu auparavant dans l’histoire de notre démocratie » a ajouté le président qui affirme que si « certains ont qualifié ces actions de forme de protestation politique », « aucun grief, ni aucune cause politique » ne peut « justifier la violence et la destruction que nous avons vues dans certaines parties du KwaZulu-Natal et du Gauteng ».

« Le chemin de la violence, du pillage et de l’anarchie ne mène qu’à plus de violence et de dévastation. Cela conduit à plus de pauvreté, plus de chômage et plus de pertes de vies innocentes. »

Dans la dernière partie de son discours, Cyril Ramaphosa, a évoqué le niveau « insoutenable » « de chômage, de pauvreté et d’inégalité » dans la société sud africaine et a déclaré que le gouvernement devait s’engager à construire une « société plus juste et équitable » dans l’espoir de voir une paix durable mise en place.

« Nous ne pouvons pas permettre à quelques personnes parmi nous de menacer cet effort collectif. Nous protégerons notre démocratie constitutionnelle, afin que nous puissions consolider nos acquis. » a martelé le leader sud-africain encourageant la population à choisir « le chemin de la paix et du renouveau ».

« Ensemble, nous vaincrons ceux qui cherchent à déstabiliser notre pays, qui cherchent à annuler les gains que nous avons réalisés. » a-t-il conclu.

Camille Westphal Perrier

Crédit image : 360b / Shutterstock.com

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