
Le président de la Conférence des évêques de France (CEF), le cardinal Jean-Marc Aveline, a plaidé le 19 août pour plus de "débat" avec la partie israélienne en Terre sainte, où il a appelé les pèlerins chrétiens à revenir.
Accompagné des deux vice-présidents de la CEF, Mgr Aveline séjourne depuis le 16 août à Jérusalem. Le 18, il a présidé la messe dominicale à Taybeh, en Cisjordanie occupée, un village chrétien régulièrement la cible d'attaques de colons israéliens.
Le premier objectif de cette visite était d'y "rencontrer et soutenir les communautés chrétiennes", dont beaucoup sont dans une "situation de fragilité, de précarité", a déclaré Mgr Aveline, au cours d'une conférence de presse dans les locaux du Patriarcat latin, dans la vieille ville de Jérusalem.
L'autre objectif "est de soutenir aussi tous les amis de la paix, (...) essayer de comprendre les enjeux, la situation", a expliqué l'archevêque de Marseille.
Le prélat a souligné "le lien profond, vital, indéfectible (du christianisme) avec la foi juive", tout en s'interrogeant sur "comment vivre ce lien", la "foi juive pour nous comme une racine plus ou moins acceptée, et la foi chrétienne pour eux comme un fruit plus ou moins reconnu".
"Nous sommes devant une question politique européenne qui comprend la croissance aujourd'hui grave de l'antisémitisme, une conviction spirituelle forte du lien effectif qui nous unit aujourd'hui au peuple juif, et une situation actuelle, politique, où, nous le savons d'expérience, toute critique à l'égard du gouvernement israélien est immédiatement taxée d'antisémitisme", a-t-il estimé.
"Alors nous avons besoin d'un débat. Et de la (...) volonté de dire la vérité sans jamais nuire à la dignité d'une personne de quelque bord qu'elle se trouve", a plaidé Mgr Aveline.
Dans le village de Taybeh, la délégation de la Conférence des évêques de France a "entendu beaucoup de tristesse, d'inquiétude, d'angoisse même". "Nous avons perçu tant et tant de souffrance partout et chez tous, d'un côté du monde comme de l'autre", a-t-il déploré, s'inquiétant "du désir de partir de nombreux habitants" et appelant "à soutenir une société qui est en train de s'effondrer, si nous ne prenons pas la mesure de ce qu'il s'y passe".
À Bethléem (Cisjordanie), il a regretté "l'absence quasiment totale de pèlerins", qu'il a appelé à revenir visiter la Terre sainte. "On prend la mesure de la gravité de la situation", a-t-il commenté, soulignant avoir "pris conscience", lors de ce voyage, de la "responsabilité particulière de l'Eglise" dans la région.
Mgr Aveline a par ailleurs indiqué s'être entretenu par téléphone avec le curé de Gaza, le père Gabriel Romanelli, blessé à la mi-juillet dans une frappe israélienne. Sa situation est "incertaine", a-t-il simplement commenté.
La Rédaction (avec AFP)