Après des accusations de blasphème, des chrétiens ont été forcés de quitter leur domicile au Pakistan, les 8 et 9 octobre derniers. Il s’agit d’une nouvelle forme de discrimination envers une communauté chrétienne déjà largement éprouvée dans le pays.
À Lahore, au Pakistan, les chrétiens subissent de fortes répressions de la part des musulmans. Un père de famille chrétien Kamran Masih a été arrêté le 8 octobre dans le village de Gharial Kalan, dans le district de Sheikhupura. Il était soupçonné d’avoir partagé une vidéo blasphématoire sur des groupes WhatsaApp. Un membre de sa famille a rapporté que personne ne sait vraiment quelles dispositions exactes des lois pakistanaises sur le blasphème ont été retenues à son encontre.
Le lendemain, des dizaines de personnes de confession musulmane ont mis le feu à sa maison et à sa boutique. Cet incident a forcé plus de 35 familles chrétiennes à quitter leur domicile par crainte de représailles, affirme une source anonyme locale à Christian Daily. "Heureusement, la foule n'a pas pu endommager d'autres propriétés chrétiennes en raison de l'intervention opportune de la police", a-t-elle ajouté.
En attendant le retour du calme, un responsable de la police du district de Sheikhupura a déployé un grand contingent de policiers pour protéger les résidents chrétiens et leurs maisons. "Je ne suis pas autorisé à partager plus d'informations en raison de la sensibilité de la situation (...) Cependant, je peux vous assurer que la situation est maintenant sous contrôle, et que la loi suivra son cours contre tous ceux qui sont impliqués dans la violence”, a déclaré le responsable.
"La police a arrêté plus de 15 manifestants qui ont mis le feu au magasin et à la maison de Masih", a expliqué Ejaz Alam Augustine, membre chrétien de l'Assemblée du Pendjab.
Lui et d’autres législateurs chrétiens continuent de garder le contact avec la police et les autorités afin de veiller sur la sécurité des habitants.
Selon l'ONG Portes Ouvertes, le Pakistan occupe à la 8e position des pays où les chrétiens sont le plus persécutés. Avec l’islam comme religion majoritaire dans le pays, les chrétiens sont peu représentés (2%) mais représentent pourtant près de 25% des accusations de blasphème, accusations menant souvent à des émeutes. Dans le pays, la Constitution limite la liberté d’expression pour garantir "la gloire de l’islam", affirme Portes Ouvertes.
Mélicia Branco