Depuis le 14 février dernier, le chef de l’Église apostolique arménienne fait l'objet d’une procédure pénale. Il lui est reproché d'entraver le retour de l'évêque Gevorg Saroyan à la tête du diocèse, installation pourtant ordonnée par la justice.
Les procureurs arméniens ont ouvert une procédure pénale contre la plus haute autorité religieuse du pays, le Catholicos de tous les Arméniens, Karékine II, le 14 février. Cette procédure est assortie d'une interdiction de quitter le territoire, l'empêchant de fait d'assister à une importante assemblée d'évêques arméniens en Autriche.
"Malgré toutes les difficultés, l’Église et le clergé poursuivront sans relâche leur mission spirituelle et de préservation de la nation pour la prospérité et le bien-être du peuple arménien", a déclaré Karékine II.
Cette procédure intervient après que le Catholicos ait relevé de ses fonctions administratives l’évêque Gevorg Saroyan de la tête de son diocèse. Ce dernier avait appelé à sa démission, le 10 janvier.
Malgré l’ordre donné par les tribunaux de le rétablir temporairement dans ses fonctions, le Catholicos a décidé de le destituer et de le réduire à l’état laïc, ce qui aurait constitué une entrave à l'exécution d’une décision de justice.
Des organisations de défense des droits humains et des partisans de la liberté religieuse ont dénoncé cette action. Un analyste a déclaré que les accusations pénales constituaient une atteinte à l’indépendance légitime de l’Église.
Ces événements s'inscrivent dans un contexte de conflit croissant entre le Premier ministre Nikol Pachinian et l'Église apostolique arménienne. Il a appelé à plusieurs reprises à la démission du Catholicos et a insisté sur une supervision gouvernementale accrue des affaires de l'Église.
Elormise Pierre