Assassinat du prêtre Olivier Maire : un accusé silencieux et des questions en suspens

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Quelques mots sur une feuille de papier, puis le silence. Emmanuel Abayisenga, incendiaire de la cathédrale de Nantes, est resté impassible 19 janvier  face à la cour d'assises de Vendée, devant laquelle il est jugé pour l'assassinat du père Olivier Maire en 2021.

Vêtu d'un survêtement gris et d'une parka rouge, l'accusé, ressortissant rwandais de 45 ans, a refusé à l'ouverture de l'audience de décliner oralement son identité, réclamant d'un geste un stylo et du papier. "Merci de respecter mon droit au silence. Je n'ai pas besoin d'une interprète ni d'un avocat", a-t-il écrit à la présidente, Anne Haye.

Ce silence, "on s'y attendait un peu puisque de précédentes fois où il a été convoqué, il a refusé de venir. Cette fois-ci, il a refusé de parler", a remarqué en marge de l'audience Me Antoine De Guerry De Beauregard, avocat de la congrégation à laquelle appartenait le père Olivier Maire, partie civile au procès.

"S'agit-il d'une stratégie ou d'une véritable incapacité pathologique ? On ne le sait pas, on ne le saura sans doute jamais", a-t-il ajouté.

Discernement

Entre ses déclarations aux gendarmes et sa garde à vue - reprise en juin 2022 après un nouveau séjour en psychiatrie -, les explications du mis en cause ont varié sur les raisons de son passage à l'acte. Il a nié l'avoir prémédité.

Les experts psychiatres qui l'ont examiné ont retenu l'altération de son discernement au moment des faits.

Le sujet "de l'altération ou de l'abolition du discernement" sera "la principale question de ce dossier", selon Me de Guerry de Beauregard.

Lundi, au moment d'évoquer le parcours de vie de l'accusé, la présidente s'est à nouveau tournée vers lui: "Voulez-vous vous présenter ?". Emmanuel Abayisenga, regard fixé devant lui, reste impassible.

"Il n'est pas tout mauvais Emmanuel, il n'a pas toujours cherché à s'exprimer par la violence", a assuré à la barre une religieuse qui l'avait rencontré au sein d'une structure d'aide aux demandeurs d'asile. Elle s'est dite "choquée" par le meurtre du prêtre.

Le verdict est prévu jeudi.

La Rédaction avec (AFP)

Crédit Image : Shutterstock / Nouvelle Afrique

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