Après avoir capturé le président vénézuélien le 3 janvier, Donald Trump avait annoncé vouloir annexer le Groenland, évoquant "la sécurité nationale" des États-Unis. Mais sur place, les responsables chrétiens s’opposent à cet accaparement et revendiquent leur identité nationale.
Sur une photo générée par l’intelligence artificielle et publiée sur Truth social le 20 janvier, Donald Trump, accompagné de son vice-président et du chef de la diplomatie, plante le drapeau des États-Unis sur le territoire du Groenland. A côté de lui se trouve l’inscription : "Groenland territoire américain depuis 2026".
Cette volonté américaine de s’emparer de ce territoire danois, avait été annoncée par le président américain lui-même au lendemain de la capture de l’ancien président vénézuélien, Nicolás Maduro, le 3 janvier.
Dans les églises protestantes luthériennes du pays, les chrétiens prient. "Il est essentiel de rester calme dans une situation comme celle-ci", a déclaré l’évêque de l’église évangélique luthérienne Siegstad Munk, dans un communiqué publié par le Conseil œcuménique des Églises et rapporté par Vatican News.
"Les prières guérissent et donnent un sens."
Dans le pays, 95% des habitants sont membres de l’église protestante luthérienne et près de 90% des 57 000 habitants sont d'origine inuite groenlandaise. Ensemble, ils valorisent leur langue, leur culture, et leur avenir commun. "Nous sommes un petit peuple, mais nous ne sommes pas invisibles", a ajouté Siegstad Munk, rappelant que "le Groenland n'est pas une terre à vendre".
Près de 9 Groenlandais sur 10 sont opposés à une future annexion
Territoire autonome du Danemark situé entre l’Atlantique Nord et l’Arctique, à proximité des Etats-Unis, du Canada et de la Russie, le Groenland est recouvert à 81% de glace sur son territoire d’une superfice de quatre fois la France hexagonale. Selon le président américain, le Danemark ne protège pas assez ce territoire face à la Russie et à la Chine. "Nous avons besoin du Groenland du point de vue de la sécurité nationale, et le Danemark ne sera pas en mesure de s'en occuper", avait-il déclaré.
De son côté, le père Tomaž Majcen de la paroisse catholique de Nuuk, s’est dit "préoccupé" par les ambitions américaines qui considèrent son pays "comme un morceau de terre plutôt que comme une communauté de personnes avec des familles, des traditions et une foi".
"En tant que prêtre, je crois que la paix et le dialogue sont plus importants que les conflits pour s'accaparer des terres ou des ressources."
Ce mois-ci, un sondage publié dans le quotidien groenlandais Sermitsiaq a révélé que 85% des Groenlandais sont opposés à une future annexion contre 6% qui y sont favorables.
Mélanie Boukorras