Le 14 mars, une statue monumentale du Christ Rédempteur a été érigée au sommet du mont de la Croix, à El Qaa, au Liban malgré les bombardements incessants. Un symbole de la foi chrétienne des libanais et de leur attachement à leur terre.
Alors que la guerre fait rage entre l’Iran et la coalition menée par Israël et les États-Unis, le Liban est la cible de nombreux bombardements visant le Hezbollah. Le 2 mars dernier, près de 300 000 Libanais ont ainsi dû quitter leur domicile, dont 30 000 chrétiens.
Depuis le début de cet affrontement, le ministère de la Santé libanais a recensé 886 morts et 2 141 blessés dans le pays, provoqués par les frappes israéliennes. Parmi eux, le prêtre du village chrétien de Qlayaa, Pierre El Raii, décédé le 9 mars.
Alors que le bruit des bombes continue de se faire entendre dans le pays, une statue du Christ Rédempteur a été érigée le 14 mars au sommet du mont de la Croix, à El Qaa, surplombant la plaine de la Bekaa et la frontière syrienne.
Ce projet, réalisé grâce au financement de l'homme d'affaires Fadi Elias Awad, en collaboration avec la municipalité d'El Qaa et plusieurs habitants de la ville, reflète l’attachement de la population à la foi chrétienne et à cette terre. "Elle sert de sanctuaire, d'église et de lieu de pèlerinage pour les fidèles", indique la municipalité.
Cet endroit revêt également une importance historique et spirituelle pour les habitants, car cette montagne a été la cible de l’organisation terroriste État islamique, rapporte Syriacpress. Elle a également été le théâtre des attentats de 2016 à Qaa. "Elle est aujourd'hui un symbole d'amour et d'espoir", ajoute la municipalité.
Cette statue n’est pas unique au Liban. En effet, le pays compte au moins deux autres statues du Christ, selon Nour Farra-Haddad, anthropologue religieuse, chercheuse et consultante en tourisme. La première, installée sur le toit d’une église dans la vallée de Nahr el-Kalb, culmine à plus de 57 mètres. Construite en 1952, elle ressemble au Christ de Rio de Janeiro avec ses bras ouverts.
Une autre statue située à Ghosta a été installée en 2017 sur la chapelle souterraine dédiée à sainte Faustine. Culminant à 22 mètres, elle se trouve devant une esplanade composée de douze fontaines, symbolisant les disciples de Jésus.
De nombreux chrétiens du sud du pays ont été évacués depuis le début de la guerre, signe d’une dégradation continue de la situation. Dans ce contexte, cette statue rappelle que, malgré les craintes d’un exode, les chrétiens demeurent profondément attachés à leur terre.
Mélanie Boukorras