Depuis la destitution de l’ancienne Première ministre du Bangladesh en 2024 et la destabilisation politique du pays, la situation des chrétiens s’est détériorée. "L’instabilité a laissé la place à des attaques menées par des groupes radicaux contre des communautés minoritaires, y compris des chrétiens convertis", a déclaré l'ONG Portes Ouvertes.
La violence envers les chrétiens du Bangladesh est en augmentation depuis la destitution de la Première Ministre Sheikh Hasina en 2024. Cette dernière menait jusque-là une politique de tolérance zéro envers l’islamisme, rapporte Christian Today.
Une insécurité confirmée par un pasteur local qui souhaite rester anonyme, qui dénonce la peur des chrétiens depuis deux ans. "Lorsque Hasina a été destituée, de nombreuses églises ont été attaquées et détruites, et les maisons de chrétiens ont été endommagées", a-t-il confié à l’organisation de défense de la liberté religieuse Portes Ouvertes.
"Depuis lors, les violences de foule ont augmenté et la peur s’est accrue parmi notre peuple."
Dans ce contexte, il a confié que les chrétiens prient et demandent la protection de Dieu. "Nous voulons vivre en paix et être traités comme des citoyens à part entière dans le pays où Dieu nous a placés", a-t-il déclaré.
De son côté, un chrétien converti, qui a aussi souhaité rester anonyme, a souligné que les persécutions dont les croyants sont victimes s’expliquent en partie par une perception politique. Ils sont souvent considérés comme des soutiens du Parti du centre-gauche, la Ligue Awami de Sheikh Hasina, aujourd’hui très impopulaire.
Enfin, selon Portes Ouvertes, les élections prévues le 12 février prochain ne laissent rien présager de rassurant pour les minorités religieuses. Les électeurs devront choisir entre le Parti nationaliste du Bangladesh, qui ne propose pas de changements majeurs, et une alliance de partis islamistes, dominée par le Jamaat-e-Islami, lequel a annoncé son intention d’appliquer la charia.
Les convertis venant de l’hindouisme, du bouddhisme ou des religions traditionnelles mais musulmans pour la grande majorité, sont les plus exposées au risque de persécution au Bandgaldesh.
Elormise Pierre