Bétharram : la Congrégation suspend le prêtre mis en examen, enquête canonique ouverte

betharram_congregation_suspend_pretre_mis_examen

La congrégation de Bétharram a annoncé le 6 février la suspension d'un de ses membres, et l'ouverture d'une enquête canonique, après sa mise en examen dans l'affaire des violences sexuelles survenues dans le passé dans un établissement scolaire catholique du Sud-Ouest.

Le mis en cause, sexagénaire, a séjourné de 1989 à 1999 dans cette institution dont un ancien élève, né en 1981, a porté plainte contre lui pour un viol survenu à cette époque, que le suspect conteste.

La mise en examen de l'ecclésiastique, placé sous contrôle judiciaire, est la deuxième à intervenir dans le cadre de l'enquête ouverte en 2024 par le parquet de Pau, après celle d'un ex-surveillant de l'établissement en détention provisoire depuis un an. La libération sous contrôle judiciaire de ce laïc a été ordonnée cette semaine et devrait être effective le 20 février, sauf si la cour d'appel, saisie par le parquet, s'y oppose d'ici là.

Près de 250 plaintes ont été déposées pour des violences physiques et sexuelles par d'anciens élèves du collège-lycée Notre-Dame-de-Bétharram - rebaptisé Le Beau Rameau depuis 2009 - visant des religieux et des laïcs sur une période allant de la fin des années 1950 au début des années 2000.

Mais seules trois d'entre elles, à ce jour, ont échappé à la prescription des faits, deux visant le surveillant et celle déposée contre le religieux, qui n'avait été jamais entendu jusqu'ici dans la procédure.

La congrégation de Bétharram, qui gérait l'établissement des Pyrénées-Atlantiques à l'époque des faits, l'a suspendu "de toute activité pastorale et éducative", ainsi que "de tout office public", en ouvrant une enquête canonique préliminaire, selon un communiqué transmis à l'AFP.

Le parquet n'a pas dévoilé l'identité du mis en cause mais elle a été confirmée à l'AFP par une source proche du dossier.

Né au Pays basque en 1963, il a été ordonné prêtre de la congrégation de Bétharram en 1991, alors qu'il était chargé de la catéchèse depuis deux ans au sein de l'établissement du Béarn.

Il y a passé dix ans avant de rejoindre la communauté bétharramite de Pibrac (Midi-Pyrénées), puis celle de Nazareth en Israël entre 2009 et 2014. À son retour, depuis les Pyrénées ou l'Italie, l'ecclésiastique a accompagné des groupes de pèlerins en Israël en qualité d'"animateur spirituel".

La congrégation de Bétharram a reconnu sa "responsabilité" dans les violences physiques et sexuelles, dénoncées massivement depuis trois ans, et compte indemniser toutes les victimes.

Fin janvier, l'enseignement catholique a annoncé la fermeture du site scolaire historique de Lestelle-Bétharram, qui sera déménagé prochainement dans un village voisin.

La Rédaction (avec AFP)

Crédit image : Shutterstock / AciiiDsgn

Dans la rubrique Société >



Les nouvelles récentes >