En Iran, posséder ou distribuer des bibles expose les chrétiens à des risques. Certains se tournent donc vers Internet pour pratiquer leur foi et accéder à des enseignements bibliques. Mais entre les difficultés de connexion et la surveillance exercée par les autorités, cette solution comporte elle aussi des risques.
En Iran, pays classé 10e dans l’Index Mondial de Persécution 2026 de l’ONG Portes Ouvertes, il est risqué de posséder ou de distribuer des bibles. En avril dernier, deux chrétiens, Mehdi Rahimi et Kia Nourinia, ont été condamnés à douze ans de prison chacun pour en avoir possédé.
Pour limiter les risques, certains chrétiens se tournent vers des ressources et des enseignements bibliques disponibles en ligne. Afin d’échapper au contrôle des services gouvernementaux iraniens, qui surveillent également les activités sur Internet, certains utilisent ce que l’on appelle un "réseau virtuel privé" (VPN). Ce dispositif permet notamment de masquer l’adresse IP de l’appareil utilisé et ainsi de rendre sa localisation plus difficile par les autorités.
Cette solution présente toutefois des limites. Portes Ouvertes a donné la parole à Amjad, un responsable chrétien qui supervise des réseaux virtuels clandestins dans le pays. Selon lui, "les coupures d’électricité, surtout depuis le conflit prolongé avec les États-Unis", rendent leurs activités "plus difficiles". Sans possibilité de recharger un ordinateur ou un téléphone, le recours à un VPN devient en effet impossible et inutile.
Les coupures de courant constituent un premier obstacle, mais le coût de ces services en représente également un autre non négligeable. Le marché des VPN génère un chiffre d’affaires de plusieurs milliards de tomans, la monnaie courante iranienne, en raison d’une très forte demande locale. Pour les chrétiens iraniens, accéder à des enseignements bibliques, bénéficier d’un soutien pastoral ou communiquer avec d’autres croyants peut donc représenter une dépense importante.
"Le prix élevé des VPN a fortement limité le temps de conseil pastoral qu’ils peuvent s’offrir", a précisé Amjad. Leur utilisation comporte également des risques. "Certains VPN sont suspectés d’être en lien avec des services de renseignement iraniens et peuvent fonctionner comme des virus pour faire planter les téléphones portables et les ordinateurs de ceux qui les utilisent", a conclu le responsable.
Mélicia Branco