Alors que la Coupe d’Afrique des Nations - appelée communément la CAN - amorce une phase intéressante avec les demi-finales, il convient de s’intéresser à la foi chrétienne exprimée par des chants dans les tribunes. Si la CAN est souvent mise en avant pour son folklore et la passion des supporters, il y a un élément qui intrigue, ce sont les chants de louange qui résonnent dans les tribunes.
Les initiés du football africain ont remarqué que certaines nations bénéficient d’un soutien total de la part de leurs supporters. Mais des nations telles que le Nigéria et la République Démocratique du Congo se distinguent par des chants de louange glorifiant Dieu, le mettant au coeur de toute chose afin qu’il en soit le guide.
Les supporters proclament qu’il est le Dieu des miracles et célèbrent sa gloire avec les anges dans les cieux. Si cela peut surprendre les non-initiés, mêler Dieu à un match de football en Afrique est en réalité une pratique courante.
Nous avons recueilli l’avis de Joël Thibault, aumônier du sport, sur la démarche des supporters qui font intervenir Dieu dans un match. Il se réjouit d’abord que "des chants chrétiens joyeux instaurent une atmosphère positive, face aux chants injurieux, haineux et racistes que l’on entend parfois dans certains stades", tout en s’étonnant de "l’emprise du football sur les chrétiens, qui peut engendrer une forme d’idolâtrie au sein de l’Église".
En effet, une église de Côte d’Ivoire a retransmis, le 31 décembre dernier, le match des Eléphants de Côte d’Ivoire avant leur soirée de louange afin que les fidèles puissent être présents et ponctuels. La question de l’attachement à Dieu se pose alors lorsqu’une telle décision est prise. Joël Thibault enchaîne en disant que "lorsqu’un moment de jeûne et prière à l’église est organisé et que cela coïncide avec la retransmission d’un match de notre équipe préférée, ce qui importe, c’est d’adorer Dieu dans la communion avec les frères et soeurs de l’église et non, le match de mon équipe."
Ce qui l’interpelle également, c’est que ce n’est plus aussi vital pour certaines personnes de passer du temps avec Dieu. Il a évoqué cette anecdote d’un jeune fan du Paris Saint-Germain (PSG) de son église qui, lors d’une réunion de préparation au baptême, lui a demandé s’il devait venir à la réunion de prière le mardi soir lorsque le PSG jouait au même moment.
Le Nigéria et la République Démocratique du Congo ont eu une phase de poules où ils ont été invaincus - respectivement neuf et sept points - et leurs supporters avaient donc toutes les raisons de chanter ces chants-là car ils n’avaient jamais été menés au score. Cet état de fait surprend Joël Thibault qui explique que "pour certains, ils chantent ces chants quand tout va bien et il ne chantent plus quand tout va mal."
"Dans ma compréhension biblique ou dans l’intercession, j’aurais tendance à dire que l’on prie plus, on intercède plus quand ça va mal pour essayer de faire basculer Dieu de notre côté", poursuit Joël Thibault.
La République Démocratique du Congo a depuis été éliminée en huitièmes de finale par l’Algérie - le Nigéria a poursuivi son chemin vers les demi-finales - et sa sélection est composée de joueurs qui se revendiquent chrétiens contrairement à l’Algérie. "Cette dernière ayant gagné, le Dieu qu’il faut suivre est-il celui des musulmans ?" questionne l'aumônier.
"Et si on pousse ce raisonnement à chaque fois, ce n’est pas cela qui va nous déterminer à savoir où est la vérité".
La Rédaction de Plus que Sportifs