La Commission américaine sur la liberté religieuse internationale a publié une déclaration condamnant l’expulsion ciblée de chrétiens en Turquie, le 26 février. Elle recommande que le pays soit placé sur la liste de surveillance spéciale pour violations graves de la liberté religieuse.
Le 26 février, la Commission américaine sur la liberté religieuse internationale (USCIRF) a publié une déclaration condamnant l’expulsion ciblée de chrétiens en Turquie. Elle a également recommandé que le Département d’État américain inscrive le pays sur sa "liste de surveillance spéciale" pour violations graves de la liberté religieuse.
Selon USCIRF, le gouvernement turc utilise des codes de sécurité internes pour qualifier les missionnaires chrétiens étrangers de menaces pour la sécurité nationale, les empêchant d’entrer ou de rester dans le pays malgré une résidence légale de longue date. ADF International a salué les efforts visant à protéger la liberté religieuse et apporte un soutien juridique aux chrétiens interdits de séjour dans le pays.
La présidente de l’USCIRF, Vicky Hartzler, a déclaré que les décisions de la Turquie visent à intimider la communauté chrétienne et à les empêcher de pratiquer leur foi. Elle a rappelé qu’en vertu du droit international, la liberté de religion ou de conviction est un droit accordé à toute personne, quel que soit son statut de résidence.
Vicky Hartzler a ainsi demandé une action urgente du gouvernement des États-Unis afin de faire "pression pour obtenir des améliorations concrètes du bilan de la Turquie en matière de liberté religieuse."
Selon elle, pratiquer pacifiquement la foi chrétienne ne devrait en aucun cas conduire à être qualifié de menace pour la sécurité et expulsé du pays où ces personnes ont légalement construit leur vie.
Cette déclaration s’inscrit dans un contexte préoccupant pour les chrétiens. Le 5 février, la Cour européenne des droits de l’homme a rendu publique vingt affaires concernant des chrétiens exclus de Turquie, invitant le gouvernement turc à fournir des précisions sur ces dossiers. La CEDH a transmis ces affaires au gouvernement du pays estimant qu’elles forment un tout qui mérite d'être examiné ensemble.
Quelques jours plus tard, le Parlement européen a adopté une résolution condamnant les expulsions ciblées de chrétiens étrangers "menées sous des prétextes de sécurité nationale non fondés et sans procédure régulière".
Toutefois, le ministère turc des Affaires étrangères a démenti ces accusations et a l’a jugé comme "infondées" et "d’ingérence dans ses affaires intérieures."
Selon l'ONG Portes Ouvertes, la Turquie officiellement laïque, "prend depuis 2016 un virage mêlant nationalisme et islamisation. Un Turc non-musulman est soupçonné de déloyauté."
"La Constitution acte la séparation de l’État et de la religion, mais en pratique l’État promeut l’islam hanafite. La conversion au christianisme n’est pas criminalisée, mais elle reste socialement inacceptable" déclare l'organsiation.
Elormise Pierre