Arrêté en 2014 après avoir aidé des réfugiés nord-coréens, un responsable d’église chinois a été libéré de prison récemment. Selon l’ONG Portes Ouvertes, entre 50 000 et 70 000 chrétiens nord-coréens sont actuellement emprisonnés dans leur pays.
"Tout le monde ne survit pas à l’emprisonnement en Corée du Nord."
Le 17 février, l’ONG de défense des chrétiens persécutés Portes Ouvertes a annoncé la libération d’un responsable chinois après onze ans de prison en Corée du Nord.
Le jour de sa disparition en 2014, Jang (pseudonyme) s’était rendu près du fleuve frontalier entre les deux pays après avoir reçu des appels téléphoniques de Nord-Coréens demandant de l’aide. Il avait également l’habitude de partager sa foi chrétienne avec ceux qui le désiraient.
Arrêté en Chine, il avait été emmené en Corée du Nord puis condamné sur place à quinze ans de prison pour "diffamation du régime" et "tentative d’incitation à la subversion". Selon un coordinateur de Portes Ouvertes pour le ministère auprès des Nord-Coréens, son incarcération démontre "qu’aider les Nord-Coréens est extrêmement risqué".
L’ONG a qualifié sa libération de "remarquable", expliquant que les détenus sont rarement libérés avant la fin de leur peine ni même renvoyés dans leur pays. Jang a ainsi pu retrouver sa famille.
La Corée du Nord est classée à la première place de l’Index Mondial de Persécution des Chrétiens 2026. Dans le pays, la liberté de religion n'existe pas et "quiconque croit en Dieu est considéré comme un traître, déloyal au régime", indique Portes Ouvertes.
"Si un chrétien est découvert, il est tué sur-le-champ ou envoyé avec sa famille dans un camp de travaux forcés en tant que criminel politique. Les chrétiens ne peuvent se rassembler que dans le plus grand secret. La loi sur la pensée antiréactionnaire de 2020 interdit la Bible et décrit le christianisme comme une grave menace."
Actuellement, entre 50 000 et 70 000 chrétiens nord-coréens seraient emprisonnés dans le pays, dans des camps de travail, des centres de détention ou des villages fermés. Parmi eux, trois missionnaires sud-coréens.
Mélanie Boukorras