La congrégation des Frères des écoles chrétiennes a réfuté le 6 février "avec la plus grande fermeté" l'existence d'un "réseau criminel" dans les établissements catholiques des Lasalliens, en réaction aux affirmations d'un ancien élève qui a porté plainte pour des violences commises par des élèves dans les années 1960.
"La Congrégation réfute avec la plus grande fermeté toute affirmation faisant état de l'existence actuelle d'un quelconque réseau criminel au sein des établissements Lasalliens", écrit-elle dans un communiqué adressé à l'AFP par son avocat Matthias Pujos.
Un collectif d'au moins une vingtaine d'anciens élèves d'établissements du réseau catholique des Lasalliens a dénoncé ces derniers jours des violences perpétrées il y a des dizaines d'années par des membres de la congrégation, qui assure les prendre "très au sérieux". Elle dit avoir déjà indemnisé, depuis 2014, 70 personnes pour un montant total de 2.434.882 euros, "conformément" au barème préconisé par la Commission reconnaissance et réparation (CRR) mise en place par l'Église.
Philippe Auzenet, 73 ans, cofondateur du collectif, a indiqué à l'AFP avoir déposé plainte en novembre pour des violences commises par d'autres élèves dans l'école lasallienne Saint Jean-Baptiste de La Salle à Rouen, entre 1958 et 1961, "sous le regard des surveillants qui ne sont jamais intervenus".
"Le petit bout de chou de sept ans que était torturé, ficelé avec des cordes, pendu par les pieds", a-t-il relaté sur la radio Ici Normandie mercredi. "Je suis sûr qu'il y a un réseau pédocriminel à l'intérieur des écoles lasalliennes".
La gendarmerie "compétente a été saisie pour entendre le plaignant", selon le parquet de Rouen, qui, "à partir de cette audition, pourra qualifier les faits, et déterminer s'ils sont poursuivables", notamment au regard de la prescription.
Le parquet de Rouen n'a pas reçu d'autres plaintes, a-t-il indiqué à l'AFP, confirmant des informations d'Ici Normandie.
La Congrégation a affirmé qu'elle apporterait, "comme elle l'a toujours fait, son entière coopération aux autorités judiciaires" et s'est dite "sereine quant aux conclusions de ces investigations, convaincue qu'elles démontreront l'absence actuelle de toute violence systémique".
La Rédaction avec (AFP)