La Conférence épiscopale polonaise a annoncé le 12 mars son intention de créer une commission "indépendante" chargée d'enquêter sur les abus sexuels sur mineurs au sein de l'Église catholique.
Cette décision intervient après des années de préparation par les évêques polonais, qui ont entamé les travaux en ce sens en 2023.
"La commission doit être crédible, indépendante et capable de travailler avec compétence", a déclaré l'archevêque Wojciech Polak, président de la Conférence épiscopale polonaise pour la protection de l'enfance et de la jeunesse.
L'Église catholique en Pologne, longtemps considérée comme un bastion de la foi en Europe, a été secouée ces dernières années par une série de scandales qui ont gravement terni son image.
Ces scandales ont poussé le Vatican à sanctionner plusieurs évêques jugés négligents. Le Vatican a interdit à trois évêques polonais de célébrer la messe en public en 2021 et a ordonné à leurs diocèses de contribuer à un fonds d'indemnisation des victimes pour négligence présumée.
Selon les chiffres publiés par l'Église polonaise en 2021, 368 cas d'abus impliquant 292 prêtres et religieux ont été recensés entre 2018 et 2020 pour la période 1958-2020, dont 173 concernaient des enfants de moins de 15 ans.
Les autorités civiles estiment toutefois que ces chiffres sont sous-estimés, la plupart des victimes ne se manifestant que des décennies plus tard.
L'élection du président de la commission aura lieu lors de la prochaine réunion de la Conférence des évêques polonais en juin.
Le mois dernier, une commission d'enquête sur les abus sexuels sur mineurs dans le diocèse de Sosnowiec, dans le sud de la Pologne, a identifié au moins 50 enfants victimes et 29 agresseurs présumés, pour la plupart des membres du clergé.
L'enquête a révélé que les évêques locaux avaient manqué à leur devoir de diligence face à des signalements crédibles d'abus.
Une semaine plus tard, l'évêque de Tarnów (sud de la Pologne), Andrzej Jez, comparaissait devant le tribunal, accusé d'avoir couvert des actes de pédophilie commis par des prêtres de son diocèse. Il s'agissait du premier cas de ce genre en Pologne.
Dans les précédents cas présumés de dissimulation au sein de l'Église, le parquet avait refusé d'ouvrir des enquêtes. Un amendement de 2017 a rendu cette saisine obligatoire pour les infractions sexuelles sur des enfants de moins de 15 ans.
"Toutes les personnes ayant subi un préjudice, ou celles qui détiennent des informations à ce sujet, pourront contacter la commission pour témoigner", a promis l'archevêque Polak lors de la conférence de presse.
La Rédaction (avec AFP)