Espagne : accord État–Église pour indemniser les victimes d’abus sexuels

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Le gouvernement espagnol et l'Église catholique ont signé le 8 janvier un accord pour "solder une dette historique" et indemniser les victimes d'abus sexuels commis par des religieux, après des années de réticences et d'opacité de la hiérarchie ecclésiastique.

Cet accord, paraphé par le ministre de la Justice et la Conférence épiscopale espagnole (CEE), prévoit "la réparation intégrale des victimes d'abus sexuels survenus au sein de l’Église" qui ne peuvent pas saisir la justice, généralement en raison de la prescription du dossier, a indiqué le ministère dans un communiqué.

Il permet de "solder une dette historique morale que nous avions envers les victimes d'abus", a déclaré lors d’une conférence de presse le ministre de la Justice Félix Bolaños: "Pendant des décennies, il y a eu du silence, il y a eu de la dissimulation, un préjudice moral souvent impossible à compenser".

Le ministre a précisé que les réparations seraient financées par l'Église, qui jusqu'à présent avait refusé de participer à un dispositif de ce type.

"Pour nous, l'accord constitue un pas de plus sur le chemin que nous parcourons déjà depuis des années", a affirmé de son côté le président de la CEE, Luis Argüello, qui a soutenu que l'Église avait déjà mis en place un mécanisme interne pour indemniser les victimes.

Selon le nouveau système, la victime déposera plainte auprès du Défenseur du peuple ombudsman, qui proposera une réparation pouvant être "économique, morale, psychologique, restauratrice ou même les quatre simultanément", a expliqué Félix Bolaños.

Si la victime ou l’Église n’acceptent pas cette proposition, elle sera examinée par une "commission mixte composée de l’Église, de l’État et des victimes", et si aucun accord n’est trouvé à ce stade, la proposition du Défenseur du peuple prévaudra, a ajouté le ministre.

Le Vatican a apporté "une impulsion nécessaire et indispensable pour parvenir à cet accord", a encore souligné Félix Bolaños, qui avait abordé ce sujet avec le pape François, décédé en avril 2025, et avec le secrétaire d’État du Vatican, Pietro Parolin.

A la demande du Parlement espagnol, le Défenseur du peuple avait élaboré un rapport publié en 2023, estimant que depuis 1940, plus de 200.000 mineurs pourraient avoir subi des abus sexuels de la part de religieux catholiques, chiffre qui atteindrait 400.000 si l’on comptait les abus commis par des laïcs dans des milieux religieux.

L’Église a publié son propre rapport, qui fait état de 1.057 "cas enregistrés" dans ses différents diocèses, dont 358 sont "avérés" ou "vraisemblables".

La Rédaction avec (AFP)

Crédit Image : Shutterstock / Alexandru Chiriac

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