Espagne : renforcement de la protection de la liberté religieuse

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La Commission des affaires étrangères du Congrès espagnol a approuvé, le 2 mars, un texte du Parti populaire visant à intensifier la protection de la liberté religieuse dans le monde. Une proposition de loi présentée au moment où le pays est profondément divisé sur la question.

Le 2 mars, la Commission des affaires étrangères du Congrès des députés en Espagne a approuvé une initiative présentée par le Parti populaire visant à renforcer le combat contre les persécutions religieuses, rapporte Evangelical Focus. Cette proposition vise à accentuer l’action internationale espagnole contre les massacres au motif de la foi et à renforcer la protection des communautés chrétiennes.

Elle a également pour objectif de dénoncer la discrimination systématique entravant la vie quotidienne de millions de croyants dans des dizaines de pays.

Lors de la présentation de l’initiative, la députée Maribel Sánchez a souligné que la liberté religieuse "n’est pas un privilège confessionnel". Au contraire, elle a insisté sur le caractère fondamental de cette liberté, la qualifiant même "d'indicateur de la qualité démocratique" d'un pays.

Elle a rappelé que ce droit est inscrit à l’article 18 de la Déclaration universelle des droits de l’homme, en rappelant ensuite combien la réalité est éloignée de cet engagement. En effet, ce texte s’inscrit dans un contexte de violences religieuses en hausse dans le monde, ce que la députée a rappelé en s’appuyant sur le rapport la World Watch List 2026 publié par Porte Ouvertes. Selon ce rapport, 388 millions de chrétiens vivent dans des pays où ils subissent des niveaux élevés, très élevés ou extrêmes de persécution et de discrimination.

La députée Maribel Sánchez a souligné qu'il ne s'agit pas d'incidents isolés mais plutôt d'un schéma structurel dans lequel "la montée des gouvernements autoritaires et les guerres détruisent le droit à la liberté religieuse".

Le porte-parole du groupe indépendantiste catalan de gauche, Jordi Salvador, a annoncé son vote en faveur de la mesure. Il a déclaré qu’il soutenait la protection de toute minorité et qu’il était nécessaire de travailler au Congrès pour le respect de tous.

"Il n’existe pas de croyances, de sentiments ou de langues de seconde zone" a t-il déclaré.

Une position qui ne fait pas l’unanimité. La porte parole du Parti socialiste ouvrier espagnol, María Dolores Corujo, a dénoncé ce texte, le qualifiant d’islamophobe et populiste et accusant le Parti populaire de persécutions envers les musulmans dans les municipalités qu’ils dirigent.

Le texte a été adopté à une voix près, avec 18 abstentions, remettant la responsabilité institutionnelle au cœur de l’agenda politique espagnol. Un intérêt considérable, car les violences religieuses affectent un grand nombre de personnes, estimées à plus de 5,4 milliards de personnes, selon le Rapport 2025 de l'Aide à l'Église en détresse.

Elormise Pierre

Crédit Image : ShutterStock / Hyotographie

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