États-Unis : un pasteur arrêté après avoir dénoncé l'accueil réservé au président chinois

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Le pasteur presbytérien Patrick Mahoney a été arrêté par les services secrets américains alors qu'il manifestait devant l'ambassade de Chine. Son action avait pour but de dénoncer l'accueil réservé par le président Donald Trump au président chinois Xi Jinping, tout en mettant en avant les victimes de la répression du gouvernement chinois.

Dans une vidéo publiée sur Facebook le 28 septembre dernier, le pasteur presbytérien et directeur de la Christian Defense Coalition, Patrick Mahoney, a révélé avoir été "arrêté par les services secrets des États-Unis pour avoir prié pacifiquement sur un trottoir public devant l'ambassade de Chine". Une information relayée par The Christian Post le 10 octobre.

Sur place, il tenait une pancarte sur laquelle était inscrit :

"Tapis rouge pour honorer ceux qui sont opprimés, emprisonnés et persécutés en Chine."

Sur le tapis étaient écrits les noms de plusieurs groupes ou personnes victimes de la répression du gouvernement, parmi lesquels les Ouïghours, minorité musulmane qui fait l'objet d'une intense répression, ainsi que des chrétiens, dont le pasteur Cho, et Jimmy Lai, chrétien prodémocrate et figure de proue des manifestations en 2019 et 2020 à Hong Kong pour les libertés et contre l’oppression du régime chinois.

L'action pacifique du pasteur s'est tenue en réaction à l'arrivée sur le sol américain de Xi Jinping, cinq jours plus tôt. Le président américain Donald Trump lui avait déroulé le tapis rouge. Plusieurs sujets avaient été abordés, dont Taïwan, l'Iran et l'intelligence artificielle.

Patrick Mahoney a estimé qu'il fallait plutôt honorer les personnes dont les noms figuraient sur ce tapis et se souvenir d'elles, plutôt que d'honorer le président chinois, qu'il accuse d'opprimer et de brutaliser son peuple.

"Nous étions profondément troublés que notre gouvernement, que le président Trump ait déroulé le tapis rouge et ait un dîner d'État pour un dictateur oppressif qui écrase les droits de l'homme, la liberté d'expression, la dissidence politique... ait supervisé le génocide, détruit des églises, emprisonné des universitaires et d'autres."

La Chine est classée 17e dans l'Index mondial de persécution des chrétiens 2026 de l'ONG Portes Ouvertes. Les autorités du pays "voient les religions comme un contre-pouvoir à "siniser"", c'est-à-dire à rendre conforme aux doctrines du Parti communiste, selon l'ONG.

"(Les chrétiens) sont la cible d’une surveillance constante par la police : interrogatoires, emprisonnements, passages à tabac… Pour affaiblir les églises non enregistrées, les autorités invoquent la fraude pour criminaliser la collecte d’offrandes. Les convertis d’arrière-plan musulman ou bouddhiste sont considérés comme des "traîtres" et sont rejetés par leur communauté."

"C'est le gouvernement des États-Unis qui m'a accusé"

Lorsque les services secrets américains sont venus voir le révérend, ils lui auraient dit que le gouvernement chinois estimait que ce trottoir était un territoire chinois. Après avoir contesté cette affirmation, les agents sont de nouveau allés consulter les représentants chinois à l'intérieur de l'ambassade, qui ont maintenu leur position. "Si vous ne partez pas, vous serez arrêté", lui ont dit les agents.

Magré l'invocation du premier amendement et son droit "d'afficher pacifiquement ses opinions sur la place publique", il a tout de même été arrêté et placé cinq heures en détention. "Ce n'est pas le gouvernement chinois qui m'a mis en prison et m'a mis dans une cellule de détention. C'était le gouvernement des États-Unis. Ce n'est pas le gouvernement chinois qui m'a accusé. C'est le gouvernement des États-Unis qui m'a accusé", s'est-il inquiété dans un entretien avec The Christian Post.

Le 21 octobre, il comparaîtra pour "entrée illicite". Une accusation qualifiée de "trahison tragique de la protection de la liberté religieuse et du 1er amendement sur la place publique" par le pasteur.

Dans un post publié sur Facebook le 5 octobre, il a indiqué que le Département des Transports avait "confirmé" que le trottoir sur lequel il avait été arrêté était bien public. "Donc, un ministre a été arrêté par son propre gouvernement pour avoir prié sur un trottoir public", a-t-il conclu.

Mélanie Boukorras 

Crédit image : Facebook / Patrick Mahoney

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