En Égypte, les chrétiens d’arrière-plan musulman sont dans l’obligation de pratiquer leur foi en toute discrétion. Entre hostilité persistante et méfiance au sein des églises, ils paient le prix fort.
Pour prévenir des attentats djihadistes en Égypte, beaucoup d’églises exigent de la part des visiteurs inconnus de présenter une carte d’identité avant d’entrer dans les lieux.
Les responsables chrétiens vérifient alors leur religion car les documents officiels du pays indique cette information, rapporte International cristian Concern (ICC). Pour les chrétiens convertis, ce protocole est contraignant car ces documents indiquent toujours "musulman" et non "chrétien".
Pour participer aux cultes, ils cherchent alors des églises moins strictes. Certains doivent même recourir à des stratègmes afin de ne pas susciter la peur, comme porter ostensiblement une croix autour du cou ou réciter le Notre Père.
La situation est d’autant plus difficile que certains prêtres coptes refusent même d’interagir avec les convertis, craignant des représailles contre eux et les autres membres de leur église.
Dans un témoignage receuilli par ICC, Anjela, née dans une famille musulmane puis convertie au christianisme, déclare qu'un grand nombre d’extremistes musulmans estiment qu’il est de leur devoir de tuer ceux qui se convertissent. Pourtant, elle souligne que dans de nombreuses familles égyptiennes, il est possible d’abandonner l’islam "tant que personne ne fait toute une histoire ou ne critique ouvertement" la religion.
L'Égypte, pays à majorité musulmane, a connu plusieurs attaques violentes contre des églises. Le 9 avril 2017, lors du dimanche des Rameaux, des attentats suicides ont fait au moins quarante-cinq morts dans deux églises. Ce drame est survenu quelques mois après l’attentat à la bombe du 11 décembre 2016, qui a tué vingt-cinq personnes dans une cathédrale copte au Caire.
Selon l’ONG Porte Ouvertes, les chrétiens sont en théorie protégés mais "restent pourtant en pratique discriminés, notamment à l’embauche".
"Si le président Al-Sissi parle positivement des chrétiens, ces derniers restent vulnérables aux attaques. La protection des droits de l’homme ne semble pas être une priorité."
Elormise Pierre