Les Lieux saints de Jérusalem resteront fermés cette fin de semaine pour des raisons de sécurité, a annoncé le 5 mars un porte-parole de la police en Israël au sixième jour de la guerre régionale déclenchée par l'attaque américano-israélienne sur l'Iran.
"Afin de préserver la sécurité publique et la vie humaine, tous les lieux saints de la Vieille ville, y compris le Kotel [le Mur des Lamentations, NDLR], l'esplanade des Mosquées [...] et l'église du Saint-Sépulcre, resteront fermés", a prévenu ce porte-parole, dans une déclaration transmise à la presse, le 5 mars.
"L'entrée ne sera autorisée à aucun fidèle ou visiteur, quelle que soit sa confession", a-t-il ajouté.
Cette fermeture intervient en plein ramadan, période pendant laquelle des dizaines de milliers de Palestiniens musulmans viennent en temps normal prier chaque vendredi sur l'esplanade des Mosquées pour la grande prière de la mi-journée.
Au cœur des tensions et enjeu clef du conflit israélo-palestinien, le quartier de la Vieille ville est situé à Jérusalem-Est, secteur occupé et annexé par Israël en 1967 après la conquête de la Cisjordanie lors de la troisième guerre israélo-arabe. La communauté internationale ne reconnait pas cette annexion.
Depuis le déclenchement de la guerre contre l'Iran, les autorités israéliennes interdisent, pour des raisons de "sécurité", l'accès à la Vieille ville, sauf pour les résidents ou les propriétaires de magasins établis à l'intérieur des murailles ottomanes délimitant le quartier.
Confinement total
"C'est désespérant. Aucun étranger ne peut entrer dans la Vieille ville, seuls les résidents y sont autorisés. Toute personne venant de l'extérieur est interdite d'accès. Nous sommes en état de guerre", déplore Abu Imad, un commerçant dont la boutique est proche de la porte de Damas, l'un des principaux accès à la Vieille ville, dont des policiers surveillent l'accès.
"La situation actuelle est la pire qui soit. Il n'y a aucune raison pour qu'ils ferment la Vieille ville. La guerre est loin. Nous sommes des gens qui voulons vivre, nous ne pouvons pas rester chez nous à ne rien faire", grogne Abu Imad, barbichette blanche et bonnet sur la tête.
Sous le regard impuissant et amer des commerçants, les ruelles millénaires, cernées de murs de pierre, sont étrangement vides, sans les habituels pèlerins et touristes, a constaté un vidéaste de l'AFP.
"A cette période de l'année, tout le monde prépare généralement ses magasins pour le ramadan et l'Aïd. Les gens veulent sortir et faire des achats pour leurs enfants", regrette Hamza Al-Afghani, propriétaire d'un commerce de vêtements. "Mais tout le monde a fermé. (...) C'est comme un confinement total (...). Et nous ne pouvons rien faire".
Les Etats-Unis et Israël ont lancé le 28 février une vaste offensive aérienne sur l'Iran, décapitant la direction politico-militaire de la République islamique en tuant notamment dans une frappe le guide suprême Ali Khamenei. L'Iran mène depuis lors une vaste campagne de représailles contre Israël et tous les pays du Golfe, à coups de missiles et de tirs de drones.
Les tirs de missiles iraniens sur Israël, qui vit au rythme quotidien des alertes et des populations forcées de se mettre à couvert dans les abris anti-aériens, ont fait à ce jour dix morts, neuf Israéliens et une Philippine.
La Rédaction avec (AFP)