Des nationalistes hindous ont détruit les habitations de quatre familles chrétiennes après qu’elles aient refusé à plusieurs reprises de se convertir. Depuis longtemps, les responsables chrétiens dénoncent l'utilisation des lois anti-conversion pour légitimer l’intimidation et les agressions contre leurs communautés.
Le 12 janvier, dans l'État indien du Maharashtra, des nationalistes hindous ont détruit les maisons appartenant à quatre familles chrétiennes. Ces violences sont intervenues après plusieurs tentatives visant à les convertir de force, rapporte le Christian Post.
Deux jours après les faits, les victimes se sont rendues au poste de police de Kavande afin de déposer plainte. Elles auraient toutefois été menacées par les forces de l’ordre, qui auraient mis en doute la légitimité de leur conversion, les familles appartenant à une communauté tribale.
Parallèlement, les autorités ont convoqué le pasteur local et l'ont interrogé sur ses activités religieuses. Les policiers auraient qualifié son ministère de "superstition" et lui auraient interdit de rendre visite aux familles chrétiennes du village.
Selon l’organisation de défense de la liberté religieuse Christian Solidarity Worldwide (CSW), les familles déplacées sont restées sans domicile fixe pendant un certain temps et ont été exposées à des conditions hivernales difficiles.
Le président et fondateur de l'organisation, Mervyn Thomas, a accusé l’administration locale de ne pas avoir protégé les familles. Il a appelé à des mesures immédiates afin de garantir leur sécurité, leur indemnisation pour leurs pertes subies mais aussi l'engagement de poursuites judiciaires contre les responsables de ces violences.
Depuis longtemps, les responsables chrétiens dénoncent l'utilisation des lois anti-conversion pour légitimer l’intimidation et les agressions contre leurs communautés. Ils estiment que les groupes nationalistes hindous utilisent cette législation pour mener des campagnes d’exclusion sociale et de harcèlement juridique.
Le coordinateur national du Forum chrétien uni pour les droits de l’homme, A. C. Michael, a averti : la hausse constante de ces incidents menace la survie de la minorité chrétienne en Inde. Il a également ajouté que la crainte de représailles dissuade de nombreuses victimes de signaler les agressions. En décembre, il a exhorté le gouvernement central à nommer un haut responsable chargé de diriger une enquête nationale sur la recrudescence des incidents anti-chrétiens.
Actuellement, douze des vingt-huit États indiens disposent de lois limitant la conversion religieuse. La majorité de ces États sont gouvernés par le parti nationaliste hindou Bharatiya Janata Party, dont les dirigeants sont accusés par des organisations chrétiennes de favoriser un climat d’hostilité à l'égard des minorités religieuses.
Elormise Pierre