Un pasteur a été lynché par une foule de nationalistes hindous en Inde, le 4 janvier dernier. Un acte qui illustre l’aggravation des violences contre les chrétiens et le recul de la liberté religieuse dans le pays.
Une foule d’environ cent cinquante nationalistes hindous a fait irruption lors d’un culte à Parjang en Inde et a attiré le pasteur Bipin Bihari Naik à l’extérieur du temple pour le battre, le 4 janvier.
Les assaillants se composaient de la branche jeunesse du mouvement extrémiste hindou Vishwa Hindu Parishad (VHP) et des Justiciers Pour les Vaches, rapporte Morning Star News.
Les nationalistes l’ont forcé à défiler avec des guirlandes de chaussures, à marcher sur des épines, à boire de l’eau mélangée à du fumier de vache et l'ont attaché à un temple hindou. Ils ont également exigé que le pasteur prononce le slogan hindou "Jai Shri Ram" qui signifie "Gloire au seigneur Ram". Le pasteur a refusé et a répondu "Jai Yeshu", ce qui signifie "Gloire à Jésus".
Une police jugée complice
La femme du pasteur, Bandana Naik, et ses filles, témoins de l’agression, se sont enfuies afin d’avertir la police et lui demander d’agir. Cependant, au commissariat, les autorités ont exigé un rapport écrit avant d'agir. Après sa rédaction, elles ont tout de même refusé d’intervenir, estimant que leur véhicule était en patrouille. Bipin Bihari Naik a dû attendre deux heures avant d’être secouru par les autorités.
Sur place, les agents ont qualifié son état physique de "correct". Pourtant, Bipin Bihari Naik était ensanglanté et souffrait des violences de l’attaque.
"Nous avons pensé que la foule avait déjà dû vous casser les mains et les jambes. Nous pensions devoir te porter sur une civière à présent, mais tu as l’air correct pour nous."
La police a refusé de l’emmener à l’hôpital pour recevoir des soins et a obligé le pasteur à rédiger un document affirmant que la foule avait mal compris ses activités et l'avait attaqué pour des conversions illégales.
La violence des villageois et la complicité des autorités ont affecté le pasteur. Malgré tout, il a remercié Dieu de l'avoir sauvé, déclarant que survivre à cette épreuve était un miracle. Bipin Bihari Naik et sa famille ont déménagé dans un lieu confidentiel et prévoient de ne jamais retourner à leur ancien domicile.
En réaction à cette affaire, une trentaine de responsables chrétiens ont saisi le bureau du surintendant de police le 12 janvier afin de demander le dépôt officiel d’une plainte. Celle-ci a été transmise au commissariat de Parjang, aboutissant à l’enregistrement de la FIR n° 0041 contre Nigamananda Dalbehera et vingt personnes non identifiées.
Elormise Pierre