La violence ciblée contre les chrétiens en Inde s'est intensifiée durant la période des fêtes de Noël. En réaction à cette situation, l'organisation All India Catholic Union a interpellé le gouvernement pour demander de l'aide et une meilleure protection.
La fédération démocratique l'Union Catholique de toute l'Inde (AICU) a lancé un appel au gouvernement pour une intervention urgente afin de résoudre le problème des violences visant les chrétiens du pays, rapporte l’organisation International Christian Concern.
Les organisations de défense des droits humains de l’AICU ont documenté des centaines d’incidents, incluant des agressions, des perturbations des cultes et l’utilisation abusive des lois anti-conversion en 2025. Elles affirment que les attaques ont augmenté dans des États comme l’Uttar Pradesh, le Chhattisgarh et le Madhya Pradesh.
Dans un communiqué de presse, le syndicat a précisé que les gestes symboliques de certains dirigeants nationaux comme les vœux de Noël formulé par un ancien juge ou encore la participation du Premier ministre Narendra Modi à des offices religieux chrétiens, sont insuffisants sans actions fermes et réformes juridiques.
"La violence et la haine auxquelles les chrétiens en Inde ont été confrontés tout au long de 2025, en particulier pendant la période de Noël, représentent non seulement des attaques contre des individus, mais également contre le tissu pluraliste de la société indienne. Faire face à ces défis nécessite une reconnaissance honnête, une volonté politique réelle et une action collective à la base."
Le président national de l’AICU, Elias Vaz, a souhaité que cette nouvelle année soit porteur d’actions concrètes pour que les droits de chaque citoyen soient protégés contre la haine et la discrimination.
"Ensemble, par l’unité, l’éducation et un plaidoyer fondé sur des principes, nous pouvons œuvrer pour créer une Inde où la diversité est célébrée et où les droits de chaque citoyen sont protégés contre la haine et la discrimination."
L’organisation a critiqué les discours de haine et les restrictions imposées aux ONG via la Foreign Contribution Regulation Act pour réglementer les financements venant de l’étranger. Ainsi, elle a appelé à une charte 2026 pour protéger les droits constitutionnels, les minorités et la laïcité en Inde.
Elle a également appelé à mettre fin à toute ingérence dans les écoles chrétiennes, telle que la pression concernant les jours fériés ou les programmes scolaires. Soulignant la contribution significative de cette communauté à l'éducation et à la santé, elle exige l'égalité des droits.
Ce climat de violence est alimenté par les discours de haine et la xénophobie des dirigeants des partis politiques Bharatiya Janata Party et Sangh Parivar.
Selon l’ONG Portes Ouvertes depuis l’arrivée au pouvoir du président Narendra Modi, reconduit en 2024, les attaques contre les chrétiens se sont multipliées. Des lois anti conversion existent dans onze États malgré la Constitution laïque.
"Les hindouistes radicaux répandent une idéologie (Hindutva) intolérante envers les chrétiens (et les musulmans) et se livrent à la violence et la désinformation avec impunité" a déclaré l’organisation.
Elormise Pierre