Le 19 février, l’organisation Article18 a publié son rapport annuel sur les violations des droits commises contre les chrétiens iraniens en 2025. Il expose notamment l'escalade d’arrestations visant cette minorité religieuse dans le pays.
Un rapport intitulé "Violations des droits contre les chrétiens en Iran" a été publié le 19 février, par l’organisation Article18 en partenariat avec Open Doors, Christian Solidarity Worldwide et Middle East Concern. Il révèle une intensification et un durcissement de la répression contre les chrétiens du pays.
En 2025, les autorités iraniennes ont arrêté 254 chrétiens en raison de leur foi ou de leurs activités religieuses. Dans près de 90 % des cas, les accusations étaient basées sur l’article 500 modifié du code pénal, qui criminalise la "propagande contraire à la sainte religion de l’islam".
Le rapport ajoute que deux fois plus de chrétiens ont été condamnés à des peines d’emprisonnement, d’exil ou de travaux forcés l’an dernier. Ils étaient 57 en 2025, contre 25 en 2024. Parmi eux, onze croyants ont reçu des peines de 10 ans ou plus l’année dernière.
Le document expose également les conditions difficiles auxquelles sont confrontés les chrétiens d'arrière-plan musulmans dans le système pénitentiaire iranien, notamment le refus de soins médicaux, la torture psychologique et des violences.
Parallèlement, les autorités ont continué à cibler les chrétiens impliqués dans la diffusion de Bibles. Au moins 21 d’entre eux ont reçu des peines de prison pour leur implication présumée, en plus d’amendes, d’exil et de privations de droits sociaux.
Face à cette situation, les organisations de défense de droits humains ont appelé la communauté internationale à une action urgente afin de "garantir la liberté de religion".
"Nous appelons la communauté internationale à demander des comptes à l’Iran pour son non-respect de ses obligations au titre de l’article 18 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, qui garantit la liberté de religion, y compris le droit d’adopter la foi de son choix et de la pratiquer en public ou en privé."
Enfin, ils demandent la libération inconditionnelle des chrétiens et des autres minorités religieuses détenus pour des accusations liées à leurs croyances.
Ils réclament également la réouverture des églises fermées de force et une liste de lieux où les chrétiens persanophones peuvent pratiquer librement leur culte dans leur langue maternelle, sans crainte d’arrestation ni de poursuites.
Elormise Pierre