Italie : un pacte œcuménique pour l’unité contesté par des évangéliques

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Le "Pacte entre les Églises chrétiennes", présenté le 23 janvier, en Italie, comme un engagement fort pour l’unité chrétienne, a marqué une nouvelle étape dans le dialogue œcuménique. Toutefois, il a suscité de sérieuses réserves théologiques, notamment au sein des églises évangéliques.

Dix-huit représentants nationaux d’églises et d’organisations chrétiennes ont signé le "Pacte entre les Églises chrétiennes" à Bari, dans le sud de l'Italie, le 23 janvier. Parmi les signataires figurent l’Église catholique, représentée par le cardinal Matteo Zuppi, président de la Conférence épiscopale italienne, ainsi que des responsables des Églises orthodoxes, de l’Église vaudoise, de l’Union baptiste et de la Fédération des Églises évangéliques en Italie, rapporte Evangelical Focus.

Le texte se présente comme un programme œcuménique visant à promouvoir l’unité chrétienne. Toutefois, le 2 février, le Conseil d’administration de l’Alliance italienne évangélique (AEI) ne faisant pas partie des signataires a publié une contribution critique sur l’unité ecclésiale. Le Conseil a premièrement ciblé l’une des déclarations clés du pacte sur les conséquences des divisions entre les Églises.

"Nous confessons que toute division et toute incompréhension entre nos Églises est une blessure infligée au Corps du Christ et manifeste le péché des Églises."

L'AEI a nuancé cette position en affirmant que l'unité chrétienne est au contraire un don divin et concerne ceux qui appartiennent réellement à Christ, c’est-à-dire les croyants "nés de nouveau" selon l’Évangile.

Elle s’est également interrogée sur la réalité spirituelle partagée par tous les fidèles des Églises signataires et a remis en question l'idée que toute séparation ecclésiale soit intrinsèquement négative.

Un autre point de friction majeur a été souligné dans le texte : la reconnaissance mutuelle des Églises signataires "comme des communautés chrétiennes animées par le même Esprit". Cette recommandation a été inscrite afin d’éviter tout prosélytisme ou ingérence. Ainsi, ces Églises sont invitées à s'accueillir comme des "sœurs dans la foi".

Pour l'AEI, cette reconnaissance mutuelle est au cœur du problème, car reconnaître l'Église de Rome comme telle implique d'accepter sa papauté, ses sacrements, ses dogmes, ses dévotions et ses pratiques. Ce positionnement a été jugé comme un "coût théologique élevé" pour les protestants, y compris les Églises historiques (luthérienne, réformé et anglicane).

En acceptant cela, l'Église catholique ne serait plus perçue comme théologiquement distincte ou éloignée de l'Évangile. Une affirmation que de nombreux évangéliques ont considéré incompatible avec leurs convictions fondamentales.

Elormise Pierre

Crédit Image : Shutterstock / Stefano Tammaro

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