Le 26 mars, la Cour suprême finlandaise a reconnu la députée Päivi Räsänen coupable d’"incitation à la haine" pour sa prise de position sur le mariage et l’éthique sexuelle dans une brochure publiée en 2004, tout en l’acquittant d’un tweet posté en 2019. "Je suis profondément déçue", a-t-elle déclaré.
Après avoir été acquittée à l’unanimité par deux tribunaux inférieurs, la députée et ancienne ministre de l’Intérieur finlandaise Päivi Räsänen a finalement été reconnue coupable d’"incitation à la haine" par la Cour suprême du pays, le 26 mars, rapporte ADF International. L'affaire, débutée en 2022, a été largement médiatisée, plaçant la liberté d’expression au cœur des débats.
En 2004, la député avait partagé ses opinions sur le mariage et l’éthique sexuelle dans un pamphlet. L’évêque Juhana Pohjola, qui a également participé à cet ouvrage, a lui aussi été reconnu coupable.
Le tribunal a estimé qu’ils avaient "diffusé et maintenu à la disposition du public des opinions insultantes envers les homosexuels en tant que groupe, en raison de leur orientation sexuelle", indiquant toutefois que "le comportement reproché n’est pas particulièrement grave au regard de la nature de l’infraction".
"Je reste fidèle aux enseignements de ma foi chrétienne et continuerai de défendre mon droit, ainsi que celui de chaque personne, à partager ses convictions dans l’espace public", a déclaré Päivi Räsänen à l’annonce du jugement.
"Je suis choquée et profondément déçue que le tribunal n’ait pas reconnu mon droit fondamental à la liberté d’expression."
De son côté, le directeur excécutif d'ADF International a réagi en évoquant une "censure d'État", rappellant qu'aucune "démocratie n’est à l’abri de l’érosion des libertés fondamentales".
"Sa condamnation pour un simple pamphlet religieux publié il y a des décennies – avant même l'adoption de la loi sur laquelle elle a été condamnée – est un exemple scandaleux de censure d'État. [...] Cette décision nous rappelle brutalement qu’aucune démocratie n’est à l’abri de l’érosion des libertés fondamentales."
La décision rendue par la Cour suprême, l’a également acquittée pour la publication d’un tweet en 2019. Dans celui-ci, elle remettait en question la décision de parrainer un événement LGBT, en citant un verset biblique.
La députée finlandaise a évoqué la possibilité d’un éventuel recours devant la Cour européenne des droits de l’homme. Elle souhaite ainsi protéger la liberté d’expression "de chaque personne" dans son pays. "Une décision favorable contribuerait à éviter que d’autres personnes innocentes ne subissent le même calvaire pour avoir simplement exprimé leurs convictions", a-t-elle ajouté.
Mélanie Boukorras