Pour commencer l'année 2026, l'archevêque de Marseille Jean-Marc Aveline a réuni des représentants de la plupart des religions jeudi dont un rabbin et un imam au pied de NotreDame de la Garde car la paix "se construit et s'apprend".
"Nous vivons dans un monde où trop souvent la religion est utilisée pour justifier les guerres et les atrocités", a commencé Mgr Jean-Marc Aveline, qui est aussi à la tête de l'Eglise de France.
"Quelle grâce de pouvoir être ensemble. Et si on l'est ce soir, c'est parce qu'on a l'habitude de l'être souvent. Et que nous savons tous qu'il est très utile d'être sans cesse à portée de voix, même quand on n'a pas beaucoup de choses à se dire, pour que le jour où on a quelque chose à se dire et à faire ensemble, ce soit plus facile"
C'est ce qu'a plaidé le cardinal, entouré également de représentants de l'Église apostolique arménienne, grecque-orthodoxe, du protestantisme ou du bouddhisme.
"La paix ne se fait pas par l'absence des différences qu'il y a entre nous, il faut avoir une capacité à faire de la place à l'autre malgré ce qui nous sépare et parfois c'est énorme", a estimé de son côté le rabbin Haïm Bendao, figure des quartiers Nord investi dans le dialogue inter-religieux à Marseille, qui compte la 2e plus grande communauté juive de France après Paris et d'importantes communautés algérienne, arménienne ou encore comorienne.
"Alors que l'année 2025 s'achève dans le fracas des larmes et des décombres de Gaza, au Soudan, du Yémen à l'Ukraine, nous avons vu l'abîme s'ouvrir (...) Nous proclamons ici que la force ne saurait dire le droit", a insisté pour sa part l'imam Abdessalem Souiki. Lui embrayant le pas, le cardinal, reprenant la parole papale dans un discours très politique, a appelé à "ne pas céder aux sirènes des appels répétés à l'augmentation des dépenses militaires", "à ne pas bénir le nationalisme ni justifier religieusement la violence et la lutte armée" mais plutôt à "cultiver la mémoire" qui "préserve".
Il a eu une pensée pour Mehdi Kessaci, ce jeune de 20 ans abattu mi-novembre dans la deuxième ville de France et dont le seul tort était sans doute d'être le frère du militant antidrogue Amine Kessaci, appelant les dirigeants à prendre les mesures pour "sortir ces enfants des quartiers et créer pour eux une vraie alternative aux réseaux" de drogue.
Et le rabbin de conclure par un proverbe soufi: "celui qui porte la guerre en lui, la rencontre partout".
La Rédaction avec l'AFP