Le Vatican ne prendra pas part au "Conseil de paix" de Donald Trump pour Gaza, a déclaré le 17 février son secrétaire d'État, le cardinal Pietro Parolin, voyant des points laissant "un peu perplexe" dans la décision de l'Italie d'y participer comme observateur.
"Le Vatican ne participera pas au Conseil de paix" de Donald Trump, "en raison de sa nature particulière qui n'est évidemment pas celle des autres États", a expliqué Mgr Parolin à des journalistes mardi à l'issue d'une rencontre avec le président de la République italienne Sergio Mattarella et la Première ministre Giorgia Meloni.
"Nous avons pris note que l'Italie participera en tant (que pays) observateur", a-t-il poursuivi, estimant "qu'il y a des points qui laissent un peu perplexe, (...) il y a certains points critiques qui auraient besoin de trouver des explications".
"Une préoccupation est que, au niveau international, ce soit surtout l'ONU qui gère ces situations de crise", a-t-il détaillé.
Le "Conseil de paix" de Donald Trump a été imaginé pour mettre fin à la guerre dans la bande de Gaza, mais sa charte lui assigne un objectif beaucoup plus large, celui de la résolution des conflits armés dans le monde.
Les membres permanents du "Conseil de la paix" doivent verser 1 milliard de dollars pour y adhérer, ce qui suscite des critiques selon lesquelles le conseil pourrait devenir une version "payante" du Conseil de sécurité de l'ONU.
Mardi après-midi, le ministre italien des Affaires étrangères Antonio Tajani avait justifié devant les députés la décision du gouvernement de prendre part jeudi à Washington à la réunion inaugurale de cet organe.
"Le gouvernement a jugé opportun d'accepter l'invitation de l'administration américaine à être présent, en qualité de pays observateur, à la première réunion du 'Board of Peace' prévue jeudi à Washington", a-t-il expliqué.
"Entre l'Italie et les États-Unis, les relations ont toujours été très fortes, indépendamment de l'administration en place", a fait valoir le chef de la diplomatie italienne.
"C'est pourquoi l'absence de l'Italie là où l'on discute de paix, de sécurité et de stabilité en Méditerranée serait non seulement politiquement incompréhensible, mais aussi contraire à la lettre et à l'esprit même de l'article 11 de notre Constitution, qui consacre le refus de la guerre comme moyen de résolution des différends", a ajouté M. Tajani.
À l'instar d'autres pays européens, l'Italie avait été invitée à rejoindre le "Conseil de paix" de Donald Trump au moment de sa création en janvier, mais Giorgia Meloni, proche idéologiquement du président américain, avait indiqué que cette participation poserait des problèmes d'ordre constitutionnel.
La Rédaction (avec AFP)