Le 9 mars, l'association l’Œuvre d'Orient a annoncé la mort du prêtre maronite, le père Pierre el-Raï, tué dans un bombardement à Qlayaa, au Liban. Le religieux était connu pour défendre le droit des Libanais à rester chez eux, malgré les demandes d’évacuations de l’armée israélienne.
Malgré la guerre, il n’avait pas voulu abandonner sa paroisse. Le 9 mars vers 14h, heure de Beyrouth, un char israélien a bombardé une maison située à l’extérieur du village de Qlayaa dans le sud du Liban. Selon Tsahal, des membres du Hezbollah s'y étaient introduits.
Le père Pierre el-Raï était arrivé sur les lieux accompagné de plusieurs hommes afin de porter secours aux potentielles victimes, lorsqu'un second tir a ciblé cette maison. Gravement blessé à la jambe, le religieux de cinquante ans "est mort presque sur le seuil de l'hôpital", a déclaré le père Toufic Bou Merhi, franciscain de la Custodie de Terre Sainte et curé dans le sud du Liban, à Vatican News.
Dans un communiqué de presse publié le jour même, l’Œuvre d’Orient, qui soutient les chrétiens d'Orient dans 23 pays, a partagé son "immense tristesse" à l'annonce de ce drame. Elle a affirmé condamner "avec la plus grande fermeté" ces bombardements qui déstabilisent le pays et tuent des civils.
"La mort d’un prêtre qui ne voulait pas quitter sa paroisse est une nouvelle escalade dans la violence aveugle."
De son côté, le pape Léon XIV a exprimé sa "profonde douleur pour les victimes des bombardements", dont le prêtre. Il a également souligné l’acte de charité du prêtre qui a porté secours à des civils.
"Nous sommes contraint de rester"
L’armée israélienne multiplie les avis d’évacuation dans la région du Sud-Liban. Mais le religieux avait fait le choix de ne pas partir et de rester auprès de ses fidèles. La veille du bombardement , il avait notamment déclaré :
"Nous sommes contraints de rester malgré le danger car nous ne voulons pas quitter notre maison pour que d'autres ne puissent pas les occuper."
Lors d'une conversation avec le père carmélite Michel Abboud, quelques heures avant sa mort, il avait confirmé sa position à ce sujet. "Cette terre a une signification énorme", avait-il déclaré avant d'ajouter que leurs ancêtres "ont payé de leur sang pour la préserver et les enfants de cette terre ont affronté de nombreux défis pendant des décennies et les ont surmontés".
La semaine dernière, la maison d'un autre prêtre a été bombardée, se souvient le père Toufic. "Les gens avaient alors résisté, mais maintenant, avec la mort du père Pierre, je ne sais pas combien de temps cela pourra durer", se désole-t-il.
Malgré cette situation, le franciscain l’affirme :
"La dernière chose qui ne doit pas mourir en nous, c'est l'espérance dans le Seigneur, qui nous donne toujours la force de continuer."
Depuis le 28 février, les États-Unis et Israël bombardent l’Iran. En réaction aux bombardements, l'Iran cible Israël et des bases américaines dans plusieurs pays du Golfe dont Bahreïn, le Koweït, ainsi que l'Arabie saoudite et le Qatar. Après l’assassinat du guide suprême iranien Ali Khamenei, le Hezbollah a riposté en lançant des roquettes vers Israël dès le 2 mars, entraînant le Liban dans cette guerre régionale.
Actuellement, 486 personnes ont été tuées et 1 313 ont été blessés, selon les récents chiffres annoncés le 9 mars par le ministre de la Santé libanais. De plus, au moins 667 831 personnes ont été déplacés selon le rapport quotidien d'actualité de l’Unité de gestion des risques de catastrophe.
Mélanie Boukorras