Près de 300 000 libanais ont dû quitter leurs domiciles après des frappes de missiles israéliennes sur Beyrouth, le 2 mars. Sur place, les églises se sont organisées pour accueillir les déplacés, tandis que la pression humanitaire augmente dans tout le pays.
Après l’assassinat le 28 février de l’ayatollah Ali Khamenei, guide suprême iranien tué lors de frappes conjointes américano‑israéliennes, le Hezbollah a riposté en lançant des roquettes vers l'Etat hébreu dès le 2 mars, rapporte Christian Today.
Cette escalade a entraîné le Liban dans une guerre régionale. Ainsi le jour même, plus de dix frappes israéliennes ont visé la périphérie sud de Beyrouth, conduisant plus de 300 000 personnes à fuir leur domicile. Parmi ces déplacés se trouve 30 000 chrétiens.
Selon des membres de l’organisation caritative Aide à l’Église en détresse, la situation s’est rapidement dégradée dans la banlieue de la capitale. Une cinquantaine de villages ont reçu des alertes, forçant leurs habitants à fuir.
Rapidement des écoles publiques et des centres paroissiaux dans la ville portuaire de Saïda, ont accueilli des familles déplacées pour leur offrir un refuge temporaire. Face à cette aflux et malgré des infrastructures déjà saturées dans l’église Saint-Nohra, l’évêque maronite Hannah Rahme a assuré qu’il continuerait d’accueillir les civils.
À travers le pays, des responsables d’églises ont alerté sur une pression humanitaire croissante. L’évêque melkite de Tyr, Georges Iskandar, a estimé qu’environ 800 familles chrétiennes de son diocèse pourraient bientôt avoir besoin d’aide si les violences se poursuivent.
L’évêque a également partagé la fatigue et la crainte des libanais pour leur enfants et leur avenir. Il s’est ainsi confié sur son rôle pastoral en affirmant que sa première préoccupation est de rester proche des personnes innocentes pour les soutenir dans leur souffrance.
"En tant que pasteur de cette Église locale, ma première préoccupation est de rester proche de ces personnes innocentes : être présent parmi elles, écouter leurs souffrances, prier avec elles et leur rappeler que leur dignité est préservée aux yeux de Dieu."
Face à la crainte d’une escalade des violences, plusieurs diocèses ont indiqué qu'ils devraient solliciter une aide internationale pour fournir nourriture, secours d’urgence et assistance aux familles déplacées, si la situation perdurait.
Dans ce contexte, l’organisation Christian Aid a appelé à un cessez-le-feu immédiat. Son responsable pour le Moyen-Orient, William Bell, exhorte les gouvernements à agir rapidement pour éviter une aggravation de la crise humanitaire.
"Le gouvernement britannique doit agir d’urgence pour mettre immédiatement fin à cette guerre avant que les souffrances humanitaires croissantes dans la région ne se transforment en une crise mondiale sans issue claire."
Depuis le début de cet affrontement, le ministère de la Santé libanais a recensé 486 morts et 1 313 blessés dans le pays, provoqués par les frappes israéliennes. Neuf autres personnes ont été tuées, dont le prêtre du village chrétien de Qlayaa, Pierre El Raii, le 9 mars.
Il a succombé à ses blessures après avoir été touché lors d’une frappe alors qu'il portait secours à un paroissien dont la maison avait été attaquée. Selon Tsahal, des membres du Hezbollah s'y étaient introduits.
Cette nouvelle a profondément bouleversé la communauté catholique et a renforcé la peur qui règne déjà, laissant beaucoup d’entre eux dans l’incertitude face à leur avenir.
En raison de l’intensification des tensions et de leurs lourdes conséquences pour les civils, les appels à la solidarité et à une action internationale se multiplient. Les chrétiens cherchent à maintenir des lieux d’accueil et de soutien, espérant désormais qu’une désescalade rapide permettra d’éviter une aggravation de la crise et de préserver leur présence fragile dans la région.
Elormise Pierre