L'ONU "sidérée" par les "mauvais traitements" infligés aux migrants aux États-Unis

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Le Haut-Commissaire aux droits de l'homme de l'ONU a exprimé sa sidération le 23 janvier face à ce qu'il a qualifié de "mauvais traitements désormais quotidiens" envers les migrants aux États-Unis, pressant Washington de "cesser les pratiques qui déchirent les familles".

"Je suis sidéré par les mauvais traitements désormais quotidiens et le dénigrement des migrants et des réfugiés. Où est le souci de leur dignité, de notre humanité commune ?" a lancé dans un communiqué Volker Turk, après que les autorités américaines ont confirmé la rétention d'un garçon de cinq ans au côté de son père appréhendé par la police de l'immigration.

Il a appelé les États-Unis à assurer que ses politiques dans le domaine de l'immigration et leur application respectent la dignité humaine et les droits de la personne, fustigeant "une représentation déshumanisante et les mauvais traitements infligés aux migrants et réfugiés".

Cette mise au point intervient alors que la police de l'immigration (ICE) mène depuis plusieurs semaines une opération d'envergure dans l'État du Minnesota, où la mort de Renee Good, une Américaine de 37 ans tuée dans sa voiture par un agent le 7 janvier à Minneapolis, a cristallisé les tensions.

L'État du Minnesota a demandé à la justice fédérale la suspension de l'opération de l'ICE. 

Le haut-commissaire a déploré le recours à des déploiements à grande échelle de forces de l'ordre par les services d'immigration américains et le recours répété à un usage apparemment disproportionné de la force.

"Selon le droit international, le recours intentionnel à la force létale est autorisé seulement comme une mesure en dernier ressort contre un individu représentant un danger mortel imminent", a-t-il souligné.

Il a estimé que de nombreuses pratiques en matière d'immigration mises en oeuvre par les autorités américaines aboutissaient à des arrestations et emprisonnements arbitraires et illégaux.

"Des individus sont surveillés et arrêtés, parfois avec violence, y compris au sein d'hôpitaux, d'églises, de mosquées, de tribunaux, de marchés, d'écoles et même au sein de leur propre maison, souvent seulement sur la base de simples suspicions qu'ils seraient des immigrants sans-papiers", a-t-il dénoncé.

"Ceux qui osent protester ou manifester pacifiquement contre les raids des forces des services d'immigration sont rabaissés et menacés par des agents, et font parfois l'objet aux mêmes de violence arbitraire".

Il a aussi mis l'accent sur de nombreuses arrestations, détentions et expulsions intervenant sans que soit fait un effort pour évaluer et maintenir l'unité des familles, exposant en particulier des enfants à des risques de maux graves sur le long terme.

Des médias américains ont publié le 21 et 22 janvier la photo d'un petit garçon, emmené selon eux dans un centre de rétention au Texas par l'ICE. Il apparaît, la mine déconfite, coiffé d'un bonnet bleu orné de deux oreilles de lapin, portant un sac à dos tenu par une silhouette vêtue de noir.

"J'appelle l'administration à cesser ces pratiques qui déchirent des familles", a-t-il conclu.

La Rédaction avec (AFP)

Crédit Image : Shutterstock / JEAN-BAPTISTE PREMAT

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