Le 10 février, une fusillade parmi les plus sanglantes survenues au Canada ces dernières années a frappé un lycée de la côte ouest. Le drame a fait au moins huit morts et vingt-sept blessés. À travers le pays, des responsables catholiques ont manifesté leur solidarité et assuré les familles endeuillées de leur prière et de leur soutien.
La police canadienne a annoncé le 11 février que la personne soupçonnée de la tuerie de Tumbler Ridge, qui a fait huit morts dans l'ouest du pays, était une habitante de la localité âgée de 18 ans, dont les enquêteurs cherchent désormais à comprendre le profil et le mobile.
Cette jeune femme, Jesse Van Rootselaar, présentée par la police comme transgenre, a ouvert le feu mardi dans un collège-lycée de cette petite ville minière isolée de Colombie-Britannique, tuant cinq enfants de 12 et 13 ans et une éducatrice de 39 ans.
Elle a également abattu sa mère et son frère dans une résidence, a expliqué le commissaire adjoint de la gendarmerie royale du Canada, Dwayne McDonald. Elle s'est donné la mort avant de pouvoir être appréhendée.
Quelques centaines d'habitants se sont rassemblés le 11 février au soir dans le centre de cette bourgade pour une veillée d'hommage, déposant des fleurs, des bougies ou des peluches autour d'un arbre.
Plusieurs d'entre eux, dont des adolescents, étaient en larmes. Tout le monde à Tumbler Ridge connaît une victime, a aussi assuré Kevin Matthews, mineur à la retraite. "Pour aller de l'avant, il va falloir être aux côtés des familles en deuil, être proche d'elles," a-t-il dit à l'AFP.
Les autorités affirment ne pas connaître de mobile pour l'instant. Elles assurent s'être plusieurs fois rendu au domicile de la suspecte par le passé pour des problèmes de santé mentale.
"Unissons-nous dans la prière"
Des messages de soutien et de prière ont été publiés sur la page Facebook de la paroisse catholique, la Mission Sainte-Croix. Le père Jeevan Bandanadham a envoyé un message aux paroissiens le 10 février au soir.
"La réponse la plus efficace que nous puissions offrir aux défunts et aux survivants, à leurs familles, aux secouristes, à la communauté paroissiale et à la ville, est notre propre prière et notre pénitence, que Dieu nous a données pour soulager la souffrance et contribuer à apporter miséricorde et guérison à tous", a-t-il écrit.
"Que Dieu vous entoure de sa paix, de son réconfort et de sa protection. Bonne nuit et que Dieu vous bénisse."
D'autres religieux du pays se sont également exprimés, dont l'archevêque de Vancouver Richard Smith qui a exprimé son soutien à la communauté chrétienne touchée par cette tuerie.
"En ces temps de deuil, que le Seigneur réconforte ceux qui souffrent et fortifie tous ceux qui les entourent. Unissons-nous dans la prière pour la paix et la guérison dans notre province."
"Choqué et attristé"
Selon la police, des armes avaient été confisquées chez la suspecte, avant d'être restituées.
"Nous surmonterons cette épreuve. Nous en tirerons des leçons", a promis Mark Carney, appelant les Canadiens au "rassemblement" dans un pays sous le choc, peu habitué aux tueries de ce type contrairement au voisin américain.
Le chef du gouvernement a dénoncé un acte d'une "cruauté inouïe" qui a plongé la nation "dans la stupeur."
La famille royale britannique s'est dite "profondément choquée et attristée" par ce drame, dans un communiqué du roi Charles III, également chef d'Etat du Canada.
C'est la seconde tuerie en Colombie-Britannique en moins d'un an. En avril 2025, un homme avait tué 11 personnes à Vancouver, en fonçant sur la foule avec son camion.
Ce type d'attaque est exceptionnel dans les écoles canadiennes. Elle frappe une ville minière connue pour son tourisme de plein air, avec la proximité des montagnes et un parc géologique.
Si les tueries sont moins fréquentes au Canada qu'aux États-Unis, les statistiques sur la dernière décennie témoignent d'une augmentation constante des crimes commis avec des armes à feu.
La Rédaction avec AFP