Le 9 février, le Premier ministre malaisien a annoncé l’entrée en vigueur d’une directive interdisant la construction de tout lieu de culte sans autorisation préalable. Une décision qui suscite l’inquiétude au sein de la minorité chrétienne du pays.
Lors de l’assemblée mensuelle du ministère de l’Unité nationale en Malaisie, le Premier ministre Anwar Ibrahim a annoncé, le 9 février, que le gouvernement interdirait désormais la construction et l’exploitation de tout lieu de culte construit sans autorisation officielle, selon International Christian Concern.
Les autorités ont cherché à rassurer en précisant que cette mesure s’applique à l’ensemble des religions et vise uniquement à garantir le respect des réglementations en matière d’urbanisme, de construction et d’affectation des sols.
Toutefois, cette nouvelle a suscité l'inquiétude du Conseil consultatif malaisien du christianisme, du bouddhisme, de l’hindouisme, du sikhisme et du taoïsme (MCCBCHST). En outre, il a souligné que de nombreux lieux de culte non musulmans ont été établis bien avant la mise en place des codes fonciers modernes ou des autorités locales à l’époque coloniale. Le conseil a donc exhorté le Premier ministre à clarifier les modalités d’application de cette directive, notamment en ce qui concerne les sites historiques.
Les lieux de culte chrétiens
Pour les églises malaisiennes, cette directive pourrait entraîner une période d'incertitude. En effet, beaucoup d'entre elles officient dans des locaux commerciaux ou industriels, non réglementés pour les services religieux.
Par ailleurs, il est courant que des fidèles se rassemblent dans les maisons de pasteurs. Ces lieux sont des centres religieux et sociaux essentiels, profondément liés à la vie communautaire et à l’identité culturelle.
L’absence d’enregistrement officiel pourrait servir de fondement à des actions judiciaires, entraînant potentiellement la fermeture des églises, le déplacement de congrégations et des poursuites contre des responsables religieux. Toutes ces pratiques constitueraient une atteinte à la liberté religieuse.
Elormise Pierre