Mexique : une centaine d'églises fermées par le cartel d’El Mencho

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Le Mexique traverse une nouvelle vague de violences après la mort d'El Mencho, chef d’un puissant cartel criminel, lors d’une opération militaire. Connu pour ses activités criminelles, il a également été responsable de la fermeture d'une centaine d'églises dans le pays.

L’armée mexicaine a annoncé la mort, à la suite d’une opération militaire, du puissant baron de la drogue Nemesio Oseguera Cervantes alias El Mencho, le 22 février. Il était le chef du cartel Jalisco Nueva Generación (CJNG) et était recherché par les Etats-Unis. Dans un communiqué, l’armée a annonçé qu’il était décédé "pendant son transfert par voie aérienne vers la ville de Mexico" après avoir été blessé.

El Mencho était connu pour ses activités criminelles, dont le trafic de drogue, ainsi que pour des extorsions et des violences envers la communauté chrétienne du pays, selon le Christian Post.

Ainsi, plusieurs pasteurs évangéliques avaient été contraints de verser de l’argent à son cartel en guise de "protection". Il en était de même pour les pasteurs qui ouvraient une église : ils devaient payer leur "dû". La majorité des religieux n’a jamais porté plainte par crainte de représailles.

Il a également été responsable de la fermeture d’une centaine d’églises évangéliques dans l’État du Chiapas, rien qu’en 2024. Violence, harcèlement et insécurité ont amené les pasteurs à suspendre leur activité religieuse.

"Certaines églises qui organisaient des offices tout au long de la semaine les ont réduits à un seul jour par semaine, avec des horaires variables, car le problème est le plus grave en fin d’après-midi et en soirée", indiquait à cette époque le président de l'Association des pasteurs évangéliques de Tapachula, Gamaliel Fierro Martínez.

La communauté catholique n’a pas été épargnée. En 2023, des religieux et des paroissiens dans l'État du Chiapas avaient été arrêtés par des membres du groupe El Maíz, considéré comme une base sociale du cartel du CJNG.

Un an plus tard, onze membres du diocèse de San Cristóbal de las Casas ont été exécutés "pour avoir refusé de rejoindre un groupe criminel organisé".

Selon le Centre catholique multidimensionnel, jusqu’à 80 % des meurtres de religieux restent impunis au Mexique. Entre 2019 et 2026, treize prêtres ont été assassinés, considérés comme des menaces par les cartels. En effet, "les cartels considèrent les responsables religieux qui refusent de coopérer et dénoncent leur violence, comme un frein à leurs activités", rapporte l'ONG Portes Ouvertes. 

Le pays est classé 30e dans l'Index Mondial de Persécution des Chrétiens 2026 de l'organisation. "Raids d’églises, menaces de mort, enlèvements et assassinats", touchent la communauté chrétienne, ajoute l'ONG. 

Mélanie Boukorras

Crédit image : Shutterstock / John Copland (image d'illustration) 

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