Mobilisation des lycéens : les aumôneries catholiques, des lieux d'écoute et de réflexion

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Depuis le 17 septembre, des centaines de milliers de lycéens manifestent partout en France, en réaction aux absences d'enseignants et à la dégradation des locaux. Dans un entretien, la responsable de la pastorale des jeunes de Créteil évoque l'importance des aumôneries catholiques dans ce climat de tension.

141 lycées sur 3 700 sont fermés ce vendredi en France, en raison de la mobilisation lycéenne qui a débuté le 17 septembre dernier. Quelques 256 000 personnes ont défilé le 6 octobre, grande journée de manifestation, dont 56 000 à Paris, selon les chiffres du ministère de l'Intérieur. Les organisateurs ont annoncé 450 000 manifestants dans toute la France, dont 100 000 à Paris.

En réaction à ce mouvement de contestation lycéenne, le ministre français de l'Éducation, Édouard Geffray, a annoncé le 8 octobre qu'il présenterait un "plan d'urgence" d'ici "quelques heures ou quelques jours" pour le remplacement des enseignants absents, une préoccupation au cœur des manifestations lycéennes. Des emplois du temps saturés, des infrastructures et des conditions d'études dégradées, ainsi qu'une orientation anxiogène, notamment à cause de la plateforme Parcoursup, font également partie des revendications.

Dans un entretien accordé à Vatican News, sœur Cristiana di Roma, responsable de la pastorale des jeunes de Créteil, en banlieue parisienne, a évoqué le rôle d'écoute et de dialogue des aumôneries catholiques dans ce contexte social. Évoquant le rôle important des jeunes, considérés comme ceux "qui vont porter la société de demain", elle explique comprendre leur inquiétude et leur besoin d'être écoutés.

"On entend leurs revendications et leurs motivations et on les accompagne pour qu'ils ne soient pas dans l'émotionnel, mais qu'ils soient rationnels quant aux moyens utilisés pour se faire entendre. On essaye de les faire aller plus loin dans leur pensée et on les aide à réfléchir aux raisons pour lesquelles ils affirment quelque chose."

"Le rôle de l'Église est de les faire réfléchir", a-t-elle ajouté, soulignant l'importance pour les jeunes de comprendre qu'ils peuvent s'exprimer librement dans ce cadre.

Les aumôneries, lieux d'écoute et de réflexion

Plus de 6 500 interpellations ont eu lieu, dont 87 % de mineurs. De nombreuses dégradations sont également à déplorer. Des dégâts estimés à plusieurs centaines de milliers d'euros sont à prévoir après la mise à sac du lycée de Lormont, près de Bordeaux. L'entrée du lycée Loritz, à Nancy, et la façade du lycée Nelson-Mandela, à Nantes, ont été incendiées. Le portail du lycée Aimé-Césaire a été détruit et des abris de bus ont été saccagés ainsi des poubelles brûlées. Ces actions auraient été menées en majorité par des jeunes cagoulés.

"Les adolescents ont besoin d'être entendus, c'est pourquoi ils utilisent parfois des moyens irrationnels et pas toujours pacifiques", estime sœur Cristiana di Roma. Selon elle, ils ne prennent pas assez de recul face à ce qu'ils regardent sur les réseaux sociaux.

"C'est une société où les réseaux et les débats politiques n'aident pas les jeunes à réfléchir. C'est une période de rébellion, les jeunes ont envie de changer le monde, mais ne se posent pas de questions profondes sur le pourquoi, sur ce que Dieu les appelle à faire et sur les moyens qu'ils utilisent. Aujourd'hui, ils ne se posent même plus la question de savoir si le moyen utilisé est le bon. Ils agissent sans réflexion. »

"Heureusement, il y a des lieux comme les aumôneries où les jeunes peuvent parler et réfléchir afin de ne pas rester seulement dans le côté réactionnaire", conclut la religieuse.

18 enquêtes de l'Inspection générale de la police nationale

Sur les réseaux sociaux, de nombreuses vidéos circulent montrant des scènes violentes. Un adolescent de 17 ans blessé à la tête, un lycéen amputé d'une main à Lens après l'explosion d'une grenade, un jeune de 14 ans blessé à la mâchoire par un lance-grenades : le ministre a annoncé que l'Inspection générale de la police nationale avait été saisie de 18 enquêtes à ce stade. De nombreux manifestants dénoncent, à travers leurs slogans et leurs pancartes, le comportement des forces de l'ordre, accusées de "violences policières". Une cinquantaine de policiers et de gendarmes blessés ont également été signalés dans le cadre de ce mouvement lycéen.

L'intersyndicale étudiante et professionnelle a donné rendez-vous à la jeunesse le 13 octobre prochain pour une grande manifestation à travers le pays.

Mélanie Boukorras

Crédit image : Shutterstock / Pierre Laborde (8 octobre 2026)

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