Le 30 mars dernier l’organisation Christian Solidarity Worldwide a publié un rapport mettant en lumière l’augmentation des restrictions imposées aux chrétiens du Nicaragua. Il met également en évidence un climat de pression croissante exercé par les autorités, affectant leur pratique religieuse.
Un rapport publié le 30 mars dernier par l’organisation Christian Solidarity Worldwide recense 308 cas de violations de la liberté de religion et de conviction au cours de l’année 2025 au Nicaragua. Parmi eux, 200 concernent des catholiques et 109 des protestants.
Sur cette période, les chrétiens ont subi une répression croissante de la part du gouvernement du pays. Certains responsables religieux étaient notamment dans l’obligation de se présenter aux autorités chaque semaine afin d’obtenir une autorisation préalable pour quitter leur ville.
Pour consolider son contrôle politique et réduire toute opposition, le gouvernement de Daniel Ortega et de Rosario Murillo a déclaré illégales plus de 5 600 organisations indépendantes de la société civile. Au moins 18 d’entre elles sont de nature religieuse ou affiliées à un groupe religieux comme l’Association des baptistes fondamentalistes indépendants, qui a perdu son statut juridique en février 2025.
Les ordres religieux ont été particulièrement visés l’année dernière. Jusqu’à 30 religieuses ont été expulsées de trois départements Managua, Matagalpa et Chinandega. Huit autres ont été forcées de quitter immédiatement le pays vers la frontière hondurienne. La détention arbitraire de responsables religieux a été documentée dans 55 cas, allant de quelques heures à plusieurs années.
Une atteinte à la liberté de réunion a été observée dans trente-trois cas, comprenant des annulations de veillées, de retraites et d’événements religieux. En septembre 2025, la police a même interrompu un culte protestant et ordonné l’évacuation de l’église afin de prendre possession du lieu pour ses activités.
En fin d’année, le gouvernement a imposé aux gares routières d’interdire aux voyageurs de transporter des Bibles. Cette mesure, ajoutée aux précédentes, traduit une volonté continue de restreindre la pratique du christianisme dans le pays.
L’Église reste l’une des rares institutions à critiquer ouvertement le pouvoir, notamment depuis les manifestations de 2018 contre la réforme des retraites.
Elormise Pierre