Un homme et sa femme ont été tués le 24 décembre lors de l’attaque d’une église perpétrée par "des individus armés" dans la région de Dosso, dans le sud-ouest du Niger, a appris l'AFP de sources locales deux jours après.
Le Niger est miné depuis une dizaine d'années par des attaques meurtrières de groupes jihadistes liés à Al-Qaïda et à l'Etat islamique. Elles ont fait près de 2.000 morts depuis le début de l'année, selon l'ONG ACLED qui documente les conflits dans le monde.
Pays majoritairement musulman, le Niger compte 1 à 2% de chrétiens sur une population de plus de 28 millions d'habitants.
"L’attaque a eu lieu contre le village de Mailo, dans la nuit du mercredi 24 (décembre) aux environs de 23 heures (22h GMT) et suite à cette attaque nous avons perdu un homme et sa femme", a expliqué à l’AFP une source locale.
"Les chrétiens célébraient la messe à l’intérieur de l’église lorsque des individus armés sont venus et ont tiré en l’air, puis c’était la débandade", a-t-elle raconté. "Un homme et sa femme se sont réfugiés dans leur maison" mais les assaillants "les ont poursuivis et les ont exécutés", a-t-elle précisé.
Un ressortissant de la zone, qui a confirmé l'attaque, affirme que "certains fidèles ont fui pour se réfugier dans les villages voisins", quand "d’autres ont pris la direction de la brousse". Les assaillants ont également emporté du bétail, a-t-il ajouté.
Le village de Mailo se trouve dans la zone de Dogondoutchi, située dans la région de Dosso, frontalière du Nigeria et du Bénin. Au Niger, la cohabitation entre musulmans et chrétiens se passe habituellement sans problème.
Le général Abdourahamane Tiani, chef du régime militaire issu d'un coup d'Etat en 2023 et musulman, a dépêché mercredi une délégation pour assister à la messe à la Grande cathédrale de Niamey.
Entre 2018 et 2021, des attaques attribuées aux jihadistes avaient visé des églises dans la région de Tillabéri, zone de l'ouest proche du Burkina Faso et du Mali.
En mai 2019, un prêtre nigérien avait été blessé par balle dans l'attaque d'une église dans le village de Dolbel, à Tillabéri.
En dépit d'un déploiement massif de l'armée, les violences attribuées aux jihadistes se poursuivent, visant indistinctement les communautés.
En mars dernier, 44 civils avaient été tués dans une mosquée à Fambita et le 20 juin, 71 civils qui assistaient à un prêche musulman ont été tués par des jihadistes présumés dans le village de Manda.
Le Niger est également confronté aux actions meurtrières de Boko Haram et de l'Etat islamique en Afrique de l'Ouest (Iswap) dans sa partie sud-est.
La Rédaction avec (AFP)