Environ la moitié des 166 chrétiens enlevés lors de l’attaque de trois églises, le 18 janvier dans le nord du Nigeria, sont revenus sains et saufs après avoir fui et trouvé refuge dans des villages voisins, a déclaré un responsable local le 1er février.
Ishaku Dan’azumi, chef traditionnel de la localité de Kurmin Wali dans l'État de Kaduna (nord), et des hauts dignitaires religieux avaient déclaré que plus de 160 personnes étaient portées disparues. Onze se sont ensuite échappées.
Mais, le 1er février, le chef du village a indiqué à l’AFP que, parmi les 166 disparus, 80 d'entre eux étaient revenus après avoir fui et s'être réfugiés dans des villages voisins.
"Nous pensions que les 166 personnes portées disparues avaient toutes été enlevées, mais il s'est avéré que certaines avaient fui et trouvé refuge dans d'autres villages", a-t-il dit à l’AFP par téléphone depuis son village.
"Nous avons pu retrouver 80 des fidèles qui avaient disparu pendant l'attaque", a-t-il déclaré. "Les 80 sont tous revenus. Il est désormais clair que 86 personnes sont détenues par les ravisseurs", selon lui.
Godiya Ayuba, mère de six enfants, a raconté à l'AFP avoir fui, en marchant pendant des heures à travers forêts et champs avant d’atteindre un autre village.
"Nous avons vu les hommes armés se diriger vers l’église et certains d’entre nous ont pu sortir et fuir dans la brousse", a témoigné cette femme de 34 ans.
"Heureuse mais triste"
"J’ai continué à courir et j'ai ralenti lorsque j’étais loin du village". Ayant perdu son téléphone en chemin, elle n’avait aucun moyen de contacter sa famille. Les habitants du village qui l’hébergeaient l’ont ensuite aidée à rentrer chez elle.
"Je suis arrivée à la maison aujourd’hui (dimanche). Je suis heureuse mais aussi triste, car j’ai découvert que deux de mes fils faisaient partie des personnes enlevée. Je prie pour leur retour sains et saufs, ainsi que pour celui de toutes les autres personnes enlevées par les hommes armés", a-t-elle ajouté.
Ces derniers mois, les États-Unis ont critiqué l'incapacité du Nigeria à endiguer les violences.
Donald Trump a dénoncé une "persécution" des chrétiens. Des accusations fermement rejetées par le gouvernement nigérian et la plupart des experts.
Les États-Unis ont lancé des frappes aériennes surprises le jour de Noël, dans l'État de Sokoto, indiquant avoir visé des jihadistes liés au groupe Etat islamique. Abuja a déclaré avoir approuvé ces frappes.
Les deux États veulent renforcer leur coopération en matière de sécurité pour lutter contre les jihadistes.
La Rédaction (avec AFP)