Pakistan : les mariages de mineurs interdits, une mesure saluée par les chrétiens

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Le gouverneur du Pakistan a promulgué un décret interdisant le mariage des jeunes de moins de dix-huit ans. Cette décision a été saluée par les dirigeants chrétiens, qui militaient déjà contre les abus envers les enfants.

Une décision historique. Le 11 février, le gouverneur de la province du Pendjab au Pakistan, Saleem Haider Khan, a promulgué un décret fixant l’âge légal minimum du mariage à dix-huit ans pour les filles, rapporte Morning Star News. Jusqu’ici, l’âge légal était fixé à dix-huit ans pour les hommes et à seize ans pour les femmes. Une mesure qui vient corriger une inégalité entre les sexes.

Ce texte de loi est entré en vigueur immédiatement après cette annonce. Il fait désormais du mariage d’enfant une infraction non libérable, passible d’une peine pouvant aller jusqu’à sept ans de prison.

Selon le rapport 2024 de l'UNICEF, 421 cas de conversions et de mariages forcés ont été documentés entre 2021 et 2024, dont 71% concernaient des mineurs.

Toutes les infractions prévues par ce décret sont considérées comme "cognisables, non libérables et non composables". Ces règles signifient que la police peut enregistrer des affaires sans l’autorisation préalable du tribunal, que la libération sous caution n’est pas automatique et que les affaires ne peuvent pas être réglées à l’amiable entre les parties.

Les affaires relevant de cette décision seront jugées exclusivement par les tribunaux de sessions et devront être conclues dans un délai de 90 jours, afin d’éviter des litiges prolongés. L’objectif est de moderniser les lois de protection de l’enfant au Pendjab, de supprimer la discrimination de genre dans l’âge minimal du mariage et de renforcer les protections contre l’exploitation et les abus.

Enlèvements et conversions forcées

Les dirigeants chrétiens ont salué ce décret, le qualifiant de réforme attendue depuis longtemps et exhortant les législateurs à le transformer en loi permanente lors de la reprise de l’assemblée.

Une membre chrétienne de l’Assemblée du Pendjab et ancien ministre provincial des droits de l’homme et des affaires des minorités, Ejaz Alam Augustine, a souligné que cette réforme respecte les garanties constitutionnelles et les obligations du Pakistan en vertu de la Convention des Nations Unies relative aux droits de l’enfant.

La directrice de la défense des droits en Asie de l’association juridique chrétienne ADF International, Tehmina Arora, a qualifié le décret de progrès important. Elle a notamment souligné l'impact pour les filles issues de minorités religieuses, dont les chrétiennes, souvent victimes d’enlèvements, de mariages illégaux et de conversions forcées.

"Au fil des ans, de nombreuses filles mineures au Pakistan, en particulier dans les provinces du Pendjab et du Sindh, ont été mariées illégalement après des enlèvements et des conversions forcées. Nous espérons que ce décret contribuera à dissuader de tels incidents et que la législature provinciale le transformera en loi et l’appliquera sans biais religieux."

Selon l'ONG Portes Ouvertes, "l'année a été marquée par une opposition à la loi interdisant le mariage des mineurs à Islamabad et par la demande d'enquête de la Haute Cour sur les lois concernant le blasphème. Ces dernières sont utilisées de manière disproportionnée contre les chrétiens, qui représentent à peine 2% de la population".

Elormise Pierre

Crédit Image : ShutterStock / Sayyida Mariyam

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