Fervent défenseur des droits des Afro-Américains et compagnon de route de Martin Luther King, le pasteur Jesse Jackson est décédé ce mardi. Âgé de 84 ans, il restera l'une des figures emblématiques de la lutte contre le racisme.
"Son engagement indéfectible en faveur de la justice, de l’égalité et des droits humains a contribué à façonner un mouvement mondial pour la liberté et la dignité."
Dans un communiqué publié ce mardi, la famille de Jesse Jackson, pasteur américain et figure de lutte contre le racisme, a annoncé son décès. Âgé de 84 ans et atteint de la maladie de Parkinson, il était hospitalisé depuis plusieurs mois.
"Notre père était un leader au service des autres, non seulement de notre famille, mais aussi des opprimés, des sans-voix et des oubliés du monde entier", a poursuivi sa famille.
Né en 1941, Jesse Jackson s’était illustré aux côtés de Martin Luther King, en défendant les droits des Afro-Américains dans le Sud ségrégationniste de son époque.
Dans les années 1960, il a travaillé avec lui au sein de la Southern Christian Leadership Conference, une organisation de lutte non violente pour les droits civiques. Par la suite, il a créé ses propres mouvements : Operation Push et National Rainbow Coalition. Il s'est également présenté à l’investiture présidentielle du parti démocrate.
Ordonné pasteur baptiste en 1968, il était reconnu pour son action en faveur de l’égalité des droits et son combat contre l’exclusion.
En 2008, il avait salué la victoire de Barack Obama, premier président noir des États-Unis. Puis en 2020, il avait condamné le meurtre par la police de George Floyd le 25 mai et d'autres Afro-Américains, dans le contexte du mouvement mondial pour la justice raciale.
Le 19 juillet de la même année, il avait également reçu l’insigne de Commandeur dans l’Ordre National de la Légion d’honneur par Emmanuel Macron. Le président avait honoré un "ami" américain de la France qui "n’a cessé de militer pour la paix, la justice et la fraternité".
Le parcours du pasteur et politicien a toutefois été marqué par certaines controverses. En 1984, il avait été accusé d'avoir tenu des propos antisémites pour lesquels il s'était par la suite excusé. La naissance de sa fille, née d'une relation extraconjugale dans les années 2000, a également suscité un scandale.
Sur les réseaux sociaux, de nombreux hommages saluent cet homme, reconnu comme un "pionnier" des droits civiques et du mouvement progressiste.
Mélanie Boukorras