Un appel à témoignages de victimes d'agressions sexuelles commises par des prêtres du diocèse de Reims et des Ardennes a été lancé ce lundi à Reims par une association locale, une initiative soutenue par le diocèse.
L'association Eclats a déjà identifié 32 victimes de violences sexuelles commises dans le diocèse de Reims-Ardennes durant leur minorité, principalement par trois prêtres aujourd'hui décédés : Daniel Prot, Jean-François Pinard et Peter Meulendijks.
Mais le nombre réel de leurs victimes pourrait être bien supérieur, car entre les années 1960 et 1990, "des centaines d'enfants" ont fréquenté ces trois prêtres, a souligné le 30 mars Guillaume Gellert, président de l'association Eclats, lors d'une conférence de presse conjointe avec l'archevêque de Reims, Mgr Eric de Moulins-Beaufort.
M. Gellert, 58 ans, dit avoir été lui-même victime de l'abbé Daniel Prot durant son enfance, lors d'une colonie de vacances dans les Vosges.
Longtemps complètement amnésique sur cette période de sa vie, il a suivi de lourds traitements médicamenteux et des psychothérapies pendant des dizaines d'années, sans comprendre jusqu'à récemment d'où venaient son anxiété et son état dépressif chronique.
"Citer les noms des agresseurs, les lieux, les institutions, peut faire écho dans la tête des victimes", espère M. Gellert.
"Ceux et celles qui parlent ne fragilisent pas l'Eglise, mais aident à sortir de l'obscurité", a ajouté lundi Mgr de Moulins-Beaufort.
Pour accompagner son appel à témoignages, l'association Eclats a signé une convention avec France Victimes 51, l'association d'aide aux victimes de la Marne agréée par le ministère de la Justice, afin de permettre aux victimes qui se manifesteraient de bénéficier d'un soutien psychologique professionnel et gratuit.
Depuis sa création en 2017, la cellule d'écoute du diocèse de Reims-Ardennes a reçu de son côté les témoignages d'une trentaine de personnes, mettant en cause une vingtaine de prêtres depuis 1947.
Quinze victimes des trois prêtres cités par l'association Eclats sont aujourd'hui accompagnées par l'Instance nationale indépendante de reconnaissance et réparation (Inirr), une instance créée en 2021 par l'épiscopat français.
L'Inirr a reçu plus de 1.800 demandes en quatre ans d'existence, et le montant moyen de ses réparations approchait l'an dernier 37.000 euros. Un nouveau dispositif appelé "Renaître" doit lui succéder au 1er septembre 2026.
La Rédaction avec (AFP)