Depuis le 8 avril, Israël lance sa plus grande offensive contre le Hezbollah libanais, tuant plus de 300 personnes. Le nonce apostolique au Liban dénonce une situation qui "sème la mort et la destruction".
Les États-Unis et son allié Israël ont conclu un cessez-le-feu avec l'Iran le mardi 7 avril, après six semaines de conflit. Mais dès le lendemain, l'État Hébreu a mené 160 frappes coordonnées sur plusieurs quartiers de Beyrouth au Liban, notamment dans sa banlieue sud, ainsi que dans des villes et des villages de l’est et du sud du pays.
Benjamin Netanyahou a alors pris la parole le 9 avril pour préciser que la trève conclue avec l’Iran ne concerne pas le Liban, affirmant que l’armée israélienne continuera de frapper le Hezbollah "sans relâche". Tsahal a justifié ses frappes en déclarant avoir visé "une centaine de postes de commandement et d’infrastructures militaires" du Hezbollah libanais pro-iranien.
Ce matin encore, plusieurs villes libanaises, notamment dans le district de Tyr, ont été bombardées. Le bilan est lourd : depuis mercredi, les frappes ont fait plus de 300 morts, dont au moins 33 enfants, et plus d’un millier de blessés, selon la défense civile libanaise. Des roquettes ont, de leur côté, touché le nord d’Israël.
Joint au téléphone le soir du 6 avril par Vatican News, le nonce apostolique au Liban, Mgr Paolo Borgia, a dénoncé une situation qui "sème la mort et la destruction".
"Toute la journée, nous avons été accompagnés par des tirs de mortier dus aux affrontements entre le Hezbollah et Israël. Nous avons assisté à cela toute la journée. Il y a maintenant beaucoup de circulation, la ville est engorgée, on entend des sirènes et on voit des ambulances dans le centre ; Beyrouth est sens dessus dessous."
Le religeux a expliqué qu'une trève dans le pays permettrait de stabiliser la région et "rouvrirait la porte à la diplomatie". Une piste envisagée par le Premier ministre israélien qui a annoncé le 9 avril l’ouverture de négociations entre les deux pays sur "le désarmement du Hezbollah et l’instauration de relations pacifiques entre Israël et le Liban". Les discussions sont prévues la semaine prochaine.
De son côté, Vincent Gelot, directeur pays de l’Œuvre d’Orient, a relaté des scènes de chaos dans la ville au micro de BFMTV le 9 avril, estimant qu’il s’agissait de "l’une des pires journées que le Liban ait connues".
Mgr Jean-Marc Aveline, président des évêques de France, a quant à lui exprimé sa "tristesse", son "indignation" et sa "pleine solidarité" avec les Libanais. Il a également affirmé dénoncer "avec la plus grande fermeté" cette opération qu’il juge "intolérable".
Le Hezbollah libanais est entré le 2 mars dans la guerre au Moyen-Orient, pour venger la mort du guide suprême iranien, Ali Khamenei, tué à Téhéran.
Mélanie Boukorras