Sarah Mullally, nouvelle cheffe de l'Église anglicane, intronisée

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Première femme nommée archevêque de Canterbury et cheffe spirituelle des anglicans dans le monde, Sarah Mullally a été intronisée le 25 mars lors d'une cérémonie dans la cathédrale de cette ville du sud-est de l'Angleterre.

Cette femme de 63 ans, une ancienne infirmière mariée et mère de deux enfants, a prêté serment devant environ 2.000 personnes, dont le Premier ministre britannique Keir Starmer, le prince hériter William et son épouse Kate. 

Elle est devenue la plus haute responsable religieuse de l’Église d'Angleterre et succède à Justin Welby, qui avait démissionné en novembre 2024 après avoir été mis en cause pour sa gestion d'un scandale d'agressions physiques et sexuelles.

Sarah Mullally est la 106e archevêque de Canterbury et la première femme à exercer ces fonctions, qui font d'elle la cheffe spirituelle des anglicans, qui sont 85 millions dans 165 pays.

"Je m'engage solennellement devant vous au service de l'Église d'Angleterre, de la communion anglicane et de toute l'Église du Christ dans le monde entier, afin qu'ensemble nous proclamions l'Évangile du Christ qui nous réconcilie avec Dieu et abat les murs qui nous divisent", a-t-elle déclaré en prêtant serment.

Assise sur le trône en pierre (datant du XIIIe siècle) de Saint Augustin, premier archevêque de Canterbury, elle a prononcé son premier sermon devant des représentants anglicans et d'autres religions, ainsi que du personnel du système public de santé britannique, le NHS.

"Je n'aurais jamais pu imaginer l'avenir qui m'attendait, et certainement pas le ministère auquel je suis maintenant appelée", a estimé Sarah Mullally.

Elle avait rejoint Canterbury dimanche après un pèlerinage de six jours à pied depuis Londres. Ordonnée prêtre en 2002, elle est devenue la première femme évêque de Londres en 2018, quatre ans après l'autorisation faite aux femmes d'accéder à la charge d'évêque, après de vifs débats internes au sein de l’Église d'Angleterre.

"Espace d'accueil pour tous"

Dans un récent entretien à la BBC, elle a affirmé qu'elle entendait "s'efforcer de créer un espace d'accueil et de bienveillance pour tous, un lieu où la différence est présente". 

"Nous ne devons ni ignorer ni minimiser la douleur ressentie par ceux qui ont été lésés par les actions, les inactions et les manquements de certains membres de nos propres églises et communautés chrétiennes", a-t-elle insisté dans son sermon.

Elle-même a été éclaboussée pour sa gestion d'une affaire d'agression sexuelle remontant à plusieurs années. Mais la plainte a été classée sans suite début janvier par le responsable par intérim de l’Église d'Angleterre.

Selon son souhait, les femmes ont occupé une place importante durant la cérémonie : ce sont deux femmes qui ont ainsi ouvert la porte de la cathédrale après que Sarah Mullally, vêtue d'une cape et d'une mitre dorées, l'eut frappée trois fois avec sa crosse, comme le veut la tradition.

Au Royaume-Uni, l'archevêque de Canterbury est une figure bien connue du public et officie notamment lors des grands événements royaux, comme les couronnements, les mariages et les obsèques. Comme l'archevêque d'York et plusieurs évêques, Sarah Mullally est également membre de la chambre des Lords (chambre haute du parlement britannique).

Mais elle aura à faire face à de profondes divisions au sein des anglicans dans le monde. Sa nomination a par exemple été vivement condamnée par plusieurs archevêques en Afrique.

Début mars, des membres d'un courant conservateur ont annoncé la création d'un Conseil anglican mondial depuis le Nigeria, pays qui compte la deuxième plus importante communauté d'anglicans dans le monde, avec 18 millions de membres revendiqués.

L’Église d'Angleterre, en perte de vitesse, compte une vingtaine de millions de fidèles baptisés, mais évalue à un peu moins d'un million ses pratiquants réguliers, selon des statistiques portant sur 2022.

La religion anglicane est née en Angleterre au XVIe siècle d'une scission avec l’Église catholique en raison d'un désaccord entre le roi Henri VIII et le pape. Elle se veut à mi-chemin entre le catholicisme et le protestantisme.

La Rédaction (avec AFP)

Crédit image : Shutterstock / Flystock

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