Séparatisme, pluralisme d’opinions... : les recommandations du CNEF au Haut-commissariat des droits de l’homme de l’ONU

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À l’approche de l’Examen périodique universel de la France et dans un contexte de débat sur la place des religions dans l’espace public, le CNEF et ses partenaires adressent une série de recommandations au Haut-commissariat des droits de l’homme de l’ONU. Il les interpelle notamment sur la loi « séparatisme », sur la suspicion des pouvoirs publics à l’égard des cultes ou encore sur le déclin du pluralisme d’opinions en France. 

Tous les cinq ans, chaque pays est soumis à ce qu’on appelle l’Examen périodique universel (EPU) par le Haut-commissariat des droits de l’homme de l’ONU (UNHCR). Il permet d’évaluer le respect des conventions internationales sur les droits humains dans le pays examiné.

Le prochain EPU de la France aura lieu le 1er mai 2023. À cette occasion, le Conseil nationale des évangéliques de France (CNEF), conjointement avec l’Alliance évangélique mondiale (WEA), l’Alliance évangélique européenne (EEA) et la Fédération baptiste européenne (EBF), vient de déposer un « rapport alternatif » à l’attention du UNHCR.

Ce rapport met en lumière plusieurs sujets en lien avec le respect de la liberté de religion et de la liberté d’expression en France et adresse une série de recommandations.

La loi renforçant le respect des principes de la République, ou loi séparatisme, est notamment pointée du doigt par le CNEF qui évoque un « passage vers une ‘laïcité de surveillance’ des cultes qui pourrait atteindre à la liberté de religion ». L’organisation évangélique recommande d’alléger certaines mesures de cette loi qui pèsent « en ressources humaines et financières sur les associations qui exercent un culte public ».

Le CNEF et ses partenaires dénoncent également  » la suspicion des pouvoirs publics à l’égard des cultes » qui se dévoile, selon eux, « par des prises de paroles publiques de responsables politiques, élus ou membres du gouvernement ». Ils recommandent de veiller à une parole publique plus respectueuse, et surtout, qui n’alimente pas le sentiment anti-religieux.

La place de la liberté de religion dans les politiques liées à la jeunesse fait partie des faiblesses pointées par le rapport, notamment en ce qui concerne l’enseignement du fait religieux dans le cadre scolaire.

Le déclin du pluralisme de convictions, notamment religieuses, en France est aussi mis en lumière dans le rapport. Le CNEF estime qu’il est menacé « par une forme de culture dominante dans laquelle l’expression d’opinions minoritaires devient de moins en moins acceptée ou possible ».

Les croyants « ne doivent pas craindre » d’exprimer leurs opinions religieuses « en public ou en privé », poursuit l’organisation évangélique.

« Le CNEF recommande de veiller au respect du pluralisme de convictions et d’opinions : l’expression des opinions religieuses concernant notamment l’identité humaine, la famille, le couple, la procréation, le début et la fin de la vie, doit être protégée par l’État, même si ce sont des opinions minoritaires. »

En conclusion, les évangéliques affirment saluer « l’engagement de la France en matière de respect des droits de l’homme » et l’encourage à s’engager de la même manière pour garantir « un exercice plein et entier de la liberté de pensée, de conscience et de religion et de la liberté d’expression de tous » !

Retrouvez le rapport soumis par le CNEF sur le site de l’Alliance évangélique mondiale, ici.

Camille Westphal Perrier


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