Dans une vidéo publiée sur YouTube ce mercredi, l’ONG de défense des chrétiens persécutés Portes Ouvertes a partagé le témoignage d’un converti somalien victime de persécution en raison de sa foi. "Prier pour nous afin que nous prospérions au milieu de la persécution que nous devenions plus semblable à Christ", a-t-il déclaré.
La Somalie est classée 2e dans l’Index Mondial de Persécution des chrétiens 2025 de l’ONG Portes Ouvertes. Il s’agit de l'un des pays où il est le plus dangereux d’être chrétien.
Sur place, 99% de la population est convertie à l’islam sunnite et les seuls chrétiens somaliens sont des convertis d’arrière-plan musulman. Ces derniers sont traqués par les extrémistes d’Al-Shabaab qui ont déjà exprimé à plusieurs reprises leur volonté "d’éradiquer le christianisme du territoire", indique l’organisation.
Dans une vidéo publiée ce mercredi, Portes Ouvertes a partagé le témoignage de Aweis. Né dans une famille d'éleveurs musulmans en Somalie, il confie que la religion de sa famille ne l'a "jamais satisfait". La première fois qu'il a été confronté au christianisme, c'était en écoutant la radio. Alors qu'il écoutait la BBC World Service, il est tombé sur une radio chrétienne locale.
"J’aimais le message que j’entendais."
À la fin de l'émission le pasteur a invité ceux qui avaient écouté la chaîne à poser leurs questions ou à demander des ouvrages de théologie, dont la Bible. C'est ainsi qu'Aweis a reçu sa première Bible. "Je n’avais pas l’intention de me convertir, c’était une question de curiosité intellectuelle", a-t-il confié à l'ONG. Lorsque son père a appris qu'il possédait une Bible et pire, qu'il la lisait, il l'a prévenu :
"Je ne peux pas t'empêcher de lire la Bible, mais si tu te converti, je t'ôterais moi-même la vie."
Trois ans plus tard, il s’est pourtant converti et la persécution a commencé, d'abord dans son cercle proche. "L’hostilité et les menaces auxquelles j’ai dû faire face ont dépassé mes attentes", explique Aweis. Sa famille et ses amis, ont alors rompu tout lien avec lui et il a reçu plusieurs menaces de morts. Une situation particulièrement difficile au sein d'une société très communautaire.
Pendant sept années, il a suivi le Christ seul, sans connaître d’autres chrétiens près de chez lui. Une situation compliquée pour un nouveau converti.
De l’église de maison à la persécution
Aweis a rencontré son premier frère dans la foi, Liban, dans le bureau d'une missionnaire étrangère. Ensemble, ils ont fondé une église de maison. En un an, quatorze chrétiens se réunissaient régulièrement. Mais les membres de l'église ont fini par être ciblés par des islamistes radicaux.
Liban a été le premier excécuté en toute impunité alors qu'il se rendait au travail. Puis c'est au tour d'un autre chrétien, puis encore d'un autre d'être tué. Un par un ils vont être exécuté méthodiquement. "Nous étions ciblés", témoigne Aweis. Sur les quatorze membres de l’église il n’en restait au final que deux.
"Je ne pouvais pas manger, j’ai perdu beaucoup de poids, je ne pouvais pas dormir et les menaces étaient constantes", confie Aweis qui s'est enfui dans un autre pays et a entrepris une formation théologique afin de poursuivre son ministère.
"Prier pour nous afin que nous prospérions au milieu de la persécution que nous devenions plus semblables à Christ", demande le fervent croyant à chrétiens du monde entier.
" Nous voyons la persécution comme un insigne d’honneur, nous rendons grâce que les persecuteurs nous trouvent dignes d’être persécutés."
Mélanie Boukorras