Soudan du Sud : des responsables chrétiens alertent sur l'escalade de violence

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Les récentes attaques au Soudan du Sud menacent la stabilité du pays et aggravent sa situation humanitaire. Face à cette escalade de violence, des responsables chrétiens et des organisations ont appelé les dirigeants politiques à protéger les civils.

Depuis la fin de la guerre civile en 2018, qui a fait environ 400 000 morts et des millions de déplacés, le Soudan du Sud est fragilisé. Malgré l’accord de paix entre le gouvernement du président Salva Kiir et plusieurs groupes d’opposition, les violences persistent, alimentées par les tensions politiques, les milices et les conflits locaux.

Ces dernières semaines, la situation sécuritaire s’est aggravée. Un assaut meurtrier début mars dans le comté d’Abiemnom, a fait au moins 169 morts, dont des femmes et des enfants. Des milliers de résidents ont dû fuir vers une base des Nations Unies mais les organisations humanitaires ont signalé un accès limité à l’aide dans certaines zones, aggravant la crise.

Face à cette escalade, des responsables religieux et des ONG internationales ont exprimés leurs inquiétudes. Le Conseil des Églises du Soudan du Sud, organe œcuménique représentant les Églises catholique, anglicane, presbytérienne et évangélique, a quant à lui averti que le pays se rapproche actuellement d’un point critique. Les responsables chrétiens ont ainsi appelé à privilégier le dialogue plutôt que la force militaire, soulignant que la poursuite de la violence pourrait compromettre le processus de paix.

De son côté, la Communion mondiale des Églises réformées a alerté sur le risque d’un retour à un conflit généralisé et a appelé la communauté internationale à prévenir l’élargissement de cette crise.

Enfin, des leaders locaux chrétiens ont souligné l’impact de la violence sur les familles déjà confrontées à la pauvreté, aux déplacements et à l’insécurité alimentaire. Une coalition d’ONG a insisté sur la nécessité de protéger les civils et de garantir l’accès humanitaire.

Responsabilité gouvernementale

Dans un communiqué publié le 17 mars, le bureau du président Kiir a confirmé son engagement envers la paix et la mise en œuvre de l’accord de 2018, en précisant que les opérations, notamment dans l’État de Jonglei, relèvent de sa responsabilité constitutionnelle.

Le gouvernement du Soudan du Sud a ainsi défendu les opérations militaires en cours et les a qualifiés de nécessaires pour maintenir la sécurité et la “stabilité”.

“Ces opérations ne sont pas arbitraires ; elles répondent à des menaces sécuritaires et visent à restaurer la stabilité et protéger les civils.”

Le gouvernement a accusé des éléments de l’opposition armée liés au SPLM/A-IO d’avoir attaqué des positions gouvernementales entre décembre 2025 et janvier 2026, notamment à Waat et Pajut, menaçant d’avancer vers Juba.

Elormise Pierre

Crédit image : Shutterstock / Richard Juilliart (2014)

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