Jusqu’au 28 février, l’application de musique 100 % chrétienne TopMusic s’est fixé un objectif : obtenir 1 000 abonnés premium. Si ce seuil n’est pas atteint, son avenir sera compromis. Cette annonce est une très mauvaise nouvelle, car avec son approche innovante, l'application a le potentiel de révolutionner l’industrie de la musique et offre déjà de nouvelles opportunités aux artistes chrétiens.
InfoChrétienne : Il y a une semaine, vous avez publié plusieurs messages sur Instagram évoquant la possible disparition de TopMusic, l’application de musique 100 % chrétienne. Pourquoi avez-vous ressenti l’urgence de lancer cet appel ? Quelle est la situation ?
Jonathan Schmutz : Nous avons lancé TopMusic à partir d’un constat simple : les modèles dominants diffusent beaucoup, mais rémunèrent mal, et ne servent pas toujours la vocation particulière de la musique chrétienne. Notre démarche n’est pas de mettre l’artiste sur un piédestal, mais de remettre la création à sa juste place : au service de Dieu, de l’Église et du bien commun — avec une rémunération digne.
En deux ans, nous avons avancé avec des moyens limités. Cela explique un rythme plus lent : l’écoute hors connexion, par exemple, n’arrive que maintenant. Et quand le développement est long, c’est plus dur de garder une mobilisation dans la durée, surtout face à la rapidité des acteurs séculiers. L’impatience des utilisateurs est compréhensible.
Ce projet a été porté au départ par TopChrétien et Booost Music Group, qui ont beaucoup donné. Aujourd’hui, l’urgence est là : pour que l'application continue, il faut que la communauté prenne le relais et choisise de soutenir un cadre plus juste pour la louange et l’édification.
- InfoChrétienne : Vous indiquez avoir besoin de 1 000 abonnements Premium d’ici le 28 février. Concrètement, qu’implique ce type d'abonnement et en quoi atteindre ce seuil est-il déterminant pour assurer la pérennité de TopMusic ?
Jonathan Schmutz : Nous proposons plusieurs paliers mensuels : 7€, 10€ ou 20€. Chacun choisit son niveau de soutien. L’abonnement donne accès à l’écoute illimitée, à la création de playlists et au hors connexion.
Le seuil des 1 000 abonnés Premium, ce n’est pas un objectif marketing : c’est un minimum de viabilité. Il permet de financer les ayants droit, tout en payant les frais des stores, les serveurs, etc. Sans ce socle économique, nous ne pouvons pas faire durer une plateforme qui sert la communauté.
- InfoChrétienne : À ce jour, combien d’abonnements avez-vous enregistrés ? Et si l’objectif n'était finalement pas atteint ?
Jonathan Schmutz : Nous avons dépassé les 500 abonnements cette semaine. Si nous n'atteignons pas les 1 000 abonnements d’ici le 28 février, une restructuration sera mise en place avec les partenaires. Rien n’est encore décidé à ce stade : nous avançons avec prudence, et nous attendons aussi de voir ce que le Seigneur ouvre pour la suite.
Nous restons convaincus que c’est possible : aujourd’hui, les éléments clés sont réunis pour que le projet fonctionne. La question, maintenant, c’est la mobilisation.
- InfoChrétienne : Quelle place occupe aujourd’hui TopMusic dans le paysage de la musique chrétienne ? En quoi représente-t-elle un soutien concret pour les artistes ?
Jonathan Schmutz : TopMusic rassemble déjà une grande part de la musique chrétienne francophone, et de plus en plus de contenus de louange. Certains répertoires ne sont pas encore disponibles, notamment parce que certains grands labels demandent des conditions financières très élevées.
Nous proposons aussi une expérience pensée pour l’usage spirituel : sans publicité, adaptée à la prière, la louange, la méditation. Le fait que nous ayons dépassé 20 000 comptes créés montre qu’il y a une vraie attente.
Le soutien est concret parce qu’il touche à toute la chaîne : donner un espace de diffusion, structurer un modèle viable, et créer un cadre plus juste pour rémunérer le travail artistique.
- InfoChrétienne : Enfin, quel message souhaitez-vous adresser à celles et ceux qui hésitent encore à s’abonner ?
Jonathan Schmutz : Nous entrons dans une période où la musique va être produite en quantité massive, notamment via l’IA, et les plateformes comme Spotify ou YouTube sont déjà saturées. Notre point n’est pas d’être anti-tech mais de rappeler une conviction : la louange n’est pas seulement du contenu. C’est une offrande, portée par des personnes, une parole incarnée par l’Église.
S’abonner, c’est un choix simple : soutenir une économie plus juste et un espace conçu pour l’édification. Pas pour glorifier l’artiste, mais pour que la musique chrétienne continue de servir Dieu, l’Église et proclamer l’Évangile de manière durable.
Propos receuillis par Mélanie Boukorras