Turquie : les eurodéputés dénoncent des expulsions de chrétiens

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Le Parlement européen a condamné le 12 février des "expulsions ciblées" de chrétiens et de journalistes étrangers par la Turquie, appelant le pays à y mettre fin "immédiatement".

Les eurodéputés ont adopté à une large majorité une résolution non contraignante exhortant la Turquie à mettre un terme "à toutes les formes de harcèlement judiciaire et administratif à l'encontre des journalistes étrangers", au dernier jour de la session plénière du Parlement à Strasbourg.

Ils appellent aussi le pays à cesser le recours à des "codes administratifs de sécurité" qui désignent "au moins 300 chrétiens étrangers comme des menaces pour la sécurité nationale" et "à permettre le retour des personnes expulsées arbitrairement".

Medias et ONG ont fait état ces derniers mois d'une augmentation du nombre des chrétiens contraints à quitter le pays à 99% musulman, dont certains y vivaient depuis des décennies.

Ankara a réfuté ces accusations, invoquant une campagne de désinformation.

Les journalistes ont également particulièrement été ciblés ces dernières années. 

En mars 2025, un journaliste de la BBC a été expulsé après avoir été accusé, notamment, de "menacer l'ordre public". Et un journaliste suédois a été interpellé à son arrivée à Istanbul et condamné à 11 mois de prison avec sursis pour "insulte au président" Recep Tayyip Erdogan. Il est rentré en Suède après un mois et demi de prison.

Tous deux étaient venus couvrir une vague de protestation déclenchée par l'arrestation du maire d'opposition d'Istanbul, Ekrem Imamoglu.

Les relations avec l'UE se sont tendues face aux dérives antidémocratiques des autorités dénoncées à plusieurs reprises par Bruxelles depuis la tentative de coup d'Etat en 2016. 

Le pays n'en est pas moins considéré comme un partenaire important face aux bouleversements géopolitiques actuels.

L'UE et la Turquie ont aussi noué des accords controversés il y a dix ans, pendant la grande crise migratoire, pour que le pays exerce des contrôles plus stricts à ses frontières afin de juguler l'immigration illégale en échange de fonds européens.

La Turquie a été reconnue comme candidate à l'entrée dans l'UE en 1999 mais les négociations d'adhésion sont gelées depuis 2018.

La Rédaction (avec AFP)

Crédit image : Shutterstock / HJBC

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